Comment le changement climatique influence les tendances des MGF
Le changement climatique est une crise mondiale aux conséquences sociales, économiques et environnementales profondes. Si son impact sur les écosystèmes et les moyens de subsistance est largement reconnu, ses effets disproportionnés sur les femmes et les filles sont souvent négligés, en particulier en ce qui concerne les pratiques néfastes comme les MGF. Cet article explore comment le changement climatique influence les tendances des MGF, exacerbant les vulnérabilités et façonnant les processus de prise de décision au sein des communautés concernées.
Le changement climatique comme facteur de vulnérabilité
Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par le changement climatique en raison des inégalités de genre préexistantes. L’accès limité à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités économiques accentue leur vulnérabilité face aux pratiques néfastes, y compris les MGF. Lorsque les chocs climatiques perturbent les services essentiels, l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive diminue, réduisant les possibilités d’intervention et augmentant le risque de complications liées aux MGF.
Les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que la hausse des températures, les sécheresses, les inondations et les cyclones, posent des risques importants pour la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR). Ces conditions sont associées à des effets négatifs sur la santé maternelle et néonatale, notamment un faible poids à la naissance, des complications pendant la grossesse, des mortinaissances ainsi qu’une augmentation de la mortalité maternelle et infantile. Le changement climatique aggrave également les violences basées sur le genre (VBG), accroît la prévalence du VIH et alimente des pratiques néfastes comme les MGF et le mariage des enfants.
Conséquences du changement climatique sur les violences basées sur le genre à travers le monde
L’intersection entre le changement climatique et les violences basées sur le genre a été documentée dans plusieurs régions :
- En Australie, les violences domestiques ont augmenté après les incendies de forêt de 2009.
- Au Malawi, 1,5 million de filles sont exposées à un risque accru de mariage d’enfants en raison de la pauvreté induite par le climat.
- En Ouganda, les sécheresses ont entraîné une augmentation des cas de VBG et de MGF.
- Au Myanmar, le cyclone Nargis a poussé de nombreuses femmes à recourir au travail du sexe pour survivre.
- En Indonésie, la dégradation des conditions agricoles due au climat a conduit à des migrations, augmentant ainsi les risques de traite des personnes.
- Le changement climatique pourrait entraîner entre 11,6 et 16 millions de nouveaux cas de VIH en Afrique subsaharienne d’ici 2050.
Le changement climatique et les MGF
Les sécheresses prolongées, les inondations et les conditions météorologiques extrêmes contribuent à l’instabilité économique, à l’insécurité alimentaire et aux déplacements forcés. Ces défis affectent de manière disproportionnée les communautés rurales et à faible revenu, où les mécanismes traditionnels d’adaptation – y compris les pratiques néfastes comme les MGF – peuvent devenir plus courants.
Des recherches montrent que les difficultés économiques induites par le climat peuvent inciter les familles à recourir aux MGF comme stratégie perçue pour assurer l’avenir de leurs filles. Dans certaines régions, les filles ayant subi des MGF sont considérées comme plus « mariables », ce qui garantit le paiement d’une dot pouvant soulager financièrement les ménages en difficulté. Par ailleurs, les déplacements causés par les catastrophes climatiques perturbent les structures sociales, renforçant parfois les normes traditionnelles à mesure que les communautés cherchent à préserver leur identité culturelle en période d’incertitude.
Agir face à cette problématique : quelles solutions ?
Le changement climatique n’est pas seulement une crise environnementale – c’est aussi une question de droits humains. Alors que les vulnérabilités liées au climat augmentent, il est essentiel de reconnaître et de traiter leur impact sur les violences basées sur le genre et les pratiques néfastes comme les MGF. Les réponses futures doivent intégrer des stratégies d’adaptation climatique sensibles au genre, investir dans l’éducation et l’autonomisation économique, et renforcer les cadres juridiques pour protéger les communautés à risque. Reconnaître ces intersections est essentiel pour garantir que les efforts de lutte contre le changement climatique contribuent également à l’élimination des MGF.