RECONVERSION D'EXCISEUSES

La reconversion des exciseuses traditionnelles est une stratégie de lutte contre les MGF définie par l’OMS comme des mesures “[qui] visent à reconvertir les exciseurs.euses pour qu’ils cessent cette pratique et deviennent des acteurs du changement, transmettant le message de lutte contre les MGF aux communautés”  (WHO, 2011). Cette stratégie vise à leur fournir des sources de revenus alternatives, leur permettant ainsi “d’abandonner le couteau”.

Des formations sont dispensées aux exciseuses traditionnelles dans des domaines tels que l’agriculture (Peyton, 2019), la boulangerie (UNFPA, World Bank, 2004), l’entreprenariat (Hoover, 2015) ou toute autre activité susceptible de générer des revenus. Lorsqu’elles s’inscrivent dans des programmes plus larges, leur reconversion les aide à trouver leur place dans la société et à s’intégrer dans un nouveau contrat social, exempt de MGF. La stratégie s’appuie sur l’idée que les exciseuses traditionnelles sont les gardiennes de la tradition et que leur reconversion est profitable à la communauté et à l’abandon des MGF.

Elles sont bien entendu placées au cœur de cette stratégie, mise en œuvre dans des régions comme la Sierra Leone, la Gambie, la Somalie, la Tanzanie … le plus souvent par des ONG en collaboration avec des organisations gouvernementales et internationales. Les programmes varient selon le lieu et le(s) partenaire(s) qui les mettent en œuvre.

Certains éléments suggèrent que cette stratégie pourrait se révéler utile et efficace dans la lutte contre les MGF lorsqu’elle est combinée à d’autres programmes complémentaires. En effet, dans les communautés où les exciseuses traditionnelles tirent leur revenu principal de cette pratique, le fait de bénéficier de nouvelles opportunités en termes de travail et de revenus financiers peut s’avérer déterminant dans leur décision de pratiquer ou non les MGF. De plus, elles détiennent une grande influence et sont particulièrement respectées au sein de leur communauté. Leur statut les rend particulièrement réticentes à mettre fin à cette pratique. Par conséquent, leur implication et leur reconversion semblent essentielles pour garantir un abandon définitif des MGF.

Pour autant, cette stratégie de reconversion a également reçu son lot de critiques de la part des agents de terrain et d’autres experts qui affirment qu’elle n’est pas efficace et que les exciseuses reprennent leurs fonctions une fois les programmes terminés. Ce qui se traduit par des taux de prévalence des MGF inchangés. (WHO, 2011; Johansen, 2013).

La CoP MGF a invité ses membres à échanger leurs connaissances et leurs approches en matière de reconversion d’exciseuses traditionnelles afin de mettre un terme aux MGF.

Une discussion sur ce thème s’est tenue entre le 18 août et le 18 septembre 2020, avec le soutien de l’experte Rugiatu Neneh Turay, fondatrice et directrice de l’Amazonian Initiative Movement (AIM), une organisation sierra-léonaise qui place les exciseuses au centre de ses actions.

Pour en savoir plus sur cette stratégie, vous pouvez télécharger la note thématique ou poursuivre la lecture d’autres articles de cette section. Vous trouverez également ci-dessous une liste de références sur le sujet.

  • OMS, Département de la Recherche et Santé sexuelle et reproductive, Policy Brief 11.36, Female Genital Mutilation programmes to date : what works and what doesn’t (accès ici)
  • Nellie Peyton, “Seeking to save money, Sierra Leone village gives up FGM“, Thomson Reuters Foundation, août 2019 (accès ici)
  • UNFPA & la Banque mondiale, Female Genital Mutilation / Cutting in Somalia, novembre 2004 (accès ici)
  • Association for the Termination of Female Genital Mutilation (ATFGM), https://atfgm.org/other-services/
  • Jacqueline Hoover, Guest Blog for 28TooMany, “Dropping the knife in The Gambia“, 11 décembre 2015 (Accès ici)
  • Elise B. Johansen, Nafissatou J. Diop, Glenn Laverack et Els Leye, “What Works and what Doesn’t : A discussion of popular approaches for the abandonment of FGM“, Obstetrics and Gynecology International, Volume 2013 (Accès ici)

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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