Santé psycho-sexuelle des survivantes de MGF

Comment les MGF affectent la santé mentale et le bien-être ?

La santé est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (OMS, 2018). L’OMS définit la santé mentale comme suit :
Un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, faire face au stress normal de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. En ce qui concerne les enfants, l’accent est mis sur leur développement, par exemple sur l’acquisition d’un sentiment d’identité positif, sur la capacité de maîtriser ses pensées, ses émotions, et de nouer des liens sociaux, ainsi que sur l’aptitude à apprendre et à acquérir une éducation, pour être capable à terme de participer pleinement et activement à la société.” (OMS, 2018, p.7)

Des études sur les liens entre santé mentale et MGF font souvent une distinction entre les femmes concernées par des MGF de type I et II et celles concernées par des MGF de type III (infibulation).

L’OMS reconnaît parmi les « risques sanitaires des MGF », des conséquences sur la santé et le bien-être mentaux et recense parmi les risques psychologiques un état de stress post-traumatique, des troubles anxieux, de la dépression (OMS, 2018).

En 2018, tant dans ses lignes directrices sur la prise en charge des complications des mutilations sexuelles féminines que dans son guide clinique (OMS, 2018), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) souligne l’importance d’adopter une approche holistique et d’apporter un suivi psychologique aux femmes le nécessitant.

Par ailleurs, le faible développement du système de santé mentale et d’accompagnement psychologique dans certains pays concernés par les MGF, notamment en Afrique, a constitué une limite importante dans nos recherches et explique que nos données soient passablement européo-centrées. En effet, si de plus en plus d’études, de thérapies et solutions sont développées en Europe – bien que leur qualité et nombre puissent être discutés – il n’en est pas de même en Afrique et il est plus complexe de trouver des rapports sur la question.

L’objet de la présente note thématique est de présenter les principales conséquences psychologiques des MGF, les solutions actuellement implémentées et mettre en avant les enjeux persistants sur le sujet. S’il est possible d’identifier des conséquences directement liées à la pratique d’une MGF, il est important de replacer cet événement dans un parcours de vie et un contexte social, culturel, économique pouvant aussi influencer le bien-être mental individuel. Cette dimension doit être intégrée dans les solutions mises en place et / ou recommandées pour prendre en charge les complications psychologiques des MGF afin de répondre à un enjeu majeur, la reconstruction d’une image positive de soi. Enfin, beaucoup reste encore à faire pour améliorer l’accompagnement psychologique des femmes et filles concernées par les MGF et leur offrir une prise en charge adaptée à leurs besoins.

Deux conférences web (Webinars) fût organisées dans le cadre de cette discussion thématique, l’une en français, l’autre en anglais. 

Lors du webinaire francophone, Sokhna Fall (thérapeute) a partagé son expérience de travail avec les femmes migrantes concernées en France, Joanny Bassolé (psychologue clinicien du Burkina Faso) a souligné l’importance du dialogue intergénérationnel pour la santé mentale des survivantes des MGF, et, enfin, Marie-Justine Diallo (docteure en santé publique et chargée de projet pour Fraternité médicale Guinée Conakry) a partagé son expérience de travail sur la santé mentale dans un contexte où il y a peu de psychologues formé.e.s. 

Vous trouverez l’enregistrement du webinar ci-dessous et la synthèse écrite ici

Le webinar anglophone a mis en avant divers aspects de la santé mentale, du bien-être et des MGF. Venoranda R. Kuboka (thérapeute d’enfants et d’adolescent.e.s au Kenya) a traité la problématique en termes de santé mentale des survivantes de MGF elles-mêmes et des thérapeutes et activistes anti-MGF soutenant les survivantes. Farzana Doctor (thérapeute et écrivaine canadienne-indienne), originaire d’une communauté pratiquant les MGF, les Bohra, a partagé son parcours de guérison personnel en tant que survivante de MGF et sa perspective en tant que thérapeute.

L’enregistrement est disponible en anglais sur notre chaine Yotube et vous trouverez la synthèse en français ici.

Adelufosi et al., 2020, Cognitive behavioural therapy for post‐traumatic stress disorder, depression, or anxiety disorders in women and girls living with female genital mutilation: A systematic review, Access here

Ahmadu F., 2007,  Challenging Myths of sexual dysfunction in circumcised women, Access here

Berg, R. et al. 2010, Psychological, social and sexual consequences of female genital mutilation/cutting (FGM/C): a systematic review of quantitative studies. Access here 

Coho C., Sepulveda R. P., Hussein L. and Laffy C., 2019, 
Female Genital Trauma: Guidelines for Working Therapeutically with Survivors of FGM, Access here

Doctor,  F. “My experience of healing by attending the 2019 Sahiyo Activist Retreat in the U.S.”, April 18, 2019. Access here

GAMS Belgique, – Femmes, excision et exil – Quel accompagnement thérapeutique possible ?,  Access here

International Center for Research on Women, 2017, Mental Health and Ending Female Genital Mutilation and Cutting: Opportunities in U.S. Foreign Policy and Programs, Access here

Johnsdotter, Sara (2019): “The growing demand in Europe for reconstructive clitoral surgery after Female Genital Cutting: A looping effect of the dominant discourse?” Forthcoming, in Droit et Cultures. Access here

Köbach et al., 2018, ‘Psychopathological sequelae of female genital mutilation and their neuroendocrinological associations’, Access here

Knipscheer et al., Mental health problems associated with female genital mutilation, Access here

Lansana Gberie, “Mental illness: Invisible but devastating. Superstitution often blamed for acute mental health diseases”, Africa Renewal, December 2016 – March 2017. Access here

Nawal M. Nour, Karin B. Michels, Ann E. Bryant, “Defibulation to Treat Female Genital Cutting: Effect on Symptoms and Sexual Function”, in Journal of Obstetrics & Gynaecology, Vol.108, No.1, July 2006, pp.55-60. Access here

Norwegian Knowledge Centre for the Health Services, 2010, Psychological, social and sexual consequences of FGM/C: a systematic review of quantitative studies,  Access here

OMS, 2020, Informations sur les MGF, Access here

OMS, 2018, Care of girls and women living with female genital mutilation. Access here (anglais)

OMS, 2016, WHO guidelines on the management of health complications from female genital mutilation, Access here  (anglais)

Osman S., Sevalie S., Weston M., 2018, Mental Health in Africa, The Lancet. Access here

Peyton N., 2019, FGM Survivors Across Africa Call for Mental Health and Trauma Support”, Access here

Sharif Mohamed, F., Wild, V., Earp, B. D., Johnson-Agbakwu, C., & Abdulcadir, J. (2020). Clitoral reconstruction after female genital mutilation/cutting: a review of surgical techniques and ethical debate. Journal of Sexual Medicine, 17(3), 531–542. Access here

Smith H. and Stein K., Psychological and counselling interventions for FGM, International Federation of Gynecology and Obstetrics. Access here

Venoranda R. K., 2020, Long-term mental effects of FGM not addressed enough, Access here

Vloeberghs E., Knipscheer J., Van der Kwaak A., Naleie Z., Van Den Muijsenbergh M., 2011,  Veiled pain. A study in Netherlands on the psychological, social and relational consequences of FGM, Access here

28 Too Many, 2016, The psychological effect of FGM, Access here

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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