SANTÉ PSYCHO-SEXUELLE

La santé est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (1). L’OMS définit la santé mentale comme suit :

Un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, faire face au stress normal de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. En ce qui concerne les enfants, l’accent est mis sur leur développement, par exemple sur l’acquisition d’un sentiment d’identité positif, sur la capacité de maîtriser ses pensées, ses émotions, et de nouer des liens sociaux, ainsi que sur l’aptitude à apprendre et à acquérir une éducation, pour être capable à terme de participer pleinement et activement à la société.” (1, p.7)

Des études sur les liens entre santé mentale et MGF font souvent une distinction entre les femmes concernées par des MGF de type I et II et celles concernées par des MGF de type III (infibulation).

L’OMS reconnaît parmi les « risques sanitaires des MGF », des conséquences sur la santé et le bien-être mentaux et recense parmi les risques psychologiques un état de stress post-traumatique, des troubles anxieux, de la dépression (3).

En 2018, tant dans ses lignes directrices sur la prise en charge des complications des mutilations sexuelles féminines (2) que dans son guide clinique (14), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) souligne l’importance d’adopter une approche holistique et d’apporter un suivi psychologique aux femmes le nécessitant.

Par ailleurs, le faible développement du système de santé mentale et d’accompagnement psychologique dans certains pays concernés par les MGF, notamment en Afrique, a constitué une limite importante dans nos recherches et explique que nos données soient passablement européo-centrées. En effet, si de plus en plus d’études, de thérapies et solutions sont développées en Europe – bien que leur qualité et nombre puissent être discutés – il n’en est pas de même en Afrique et il est plus complexe de trouver des rapports sur la question.

L’objet de la présente note thématique est de présenter les principales conséquences psychologiques des MGF, les solutions actuellement implémentées et mettre en avant les enjeux persistants sur le sujet. S’il est possible d’identifier des conséquences directement liées à la pratique d’une MGF, il est important de replacer cet événement dans un parcours de vie et un contexte social, culturel, économique pouvant aussi influencer le bien-être mental individuel. Cette dimension doit être intégrée dans les solutions mises en place et / ou recommandées pour prendre en charge les complications psychologiques des MGF afin de répondre à un enjeu majeur, la reconstruction d’une image positive de soi. Enfin, beaucoup reste encore à faire pour améliorer l’accompagnement psychologique des femmes et filles concernées par les MGF et leur offrir une prise en charge adaptée à leurs besoins.

1. OMS, 2013, Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2020, Access here
2. OMS, 2020, page de présentation sur les MGF, Access here
3. OMS, 2018, Lignes directrices de l’OMS sur la prise en charge des complications des mutilations sexuelles féminines, Access here
4. OMS, 2018, Chapitre 7 : Santé mentale et MGF,  Access here

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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