Qu’est-ce que la médicalisation des MGF ?

QUOI ? Médicalisation des MGF : « Situations dans lesquelles ces mutilations sont pratiquées par une catégorie ou une autre de personnel de santé, que ce soit dans un dispensaire public ou privé, à domicile ou ailleurs » (1)

QUI ? Les médecins, médecins adjoints, cliniciens, infirmières, sages-femmes, les accoucheuses traditionnelles formées et autres personnels chargés de fournir des soins de santé à la population, dans le secteur privé comme dans le secteur public, de même que les agents de santé retraités continuant à procéder à ces mutilations. (1)

? Selon un rapport du Population Council de février 2017, cette pratique concernerait près de 26% des femmes ayant subi une MGF (soit près de 16 millions de femmes et de filles). 91% de ces opérations ont été réalisées en Egypte, au Soudan ainsi qu’au Nigéria. La Guinée et le Kenya présentent également une forte hausse de la pratique médicalisée des MGF (2), ainsi que l’Indonésie, la Malaisie, le Mali et le Yémen (3).

POURQUOI CERTAINES PERSONNES SOUTIENNENT-ELLES LES MGF MEDICALISÉES ? Pour comprendre pourquoi la médicalisation se répand, il est important d’appréhender les arguments des personnes, dont les professionnel.le.s de santé, en faveur d’une telle pratique.

  • La solution du « moindre mal » : dans les endroits où l’abandon des MGF ne semble pas immédiatement atteignable, la médicalisation peut être vue comme une « harm-reduction strategy » (5) qui permettrait de réduire les risques et complications médicales pour les femmes qui, de toute façon, auraient été touchées par les MGF.
  • Un moyen de minorer l’opération : La médicalisation pourrait permettre de réduire la MGF pratiquée sur la fille ou la femme en favorisant des gestes plus symboliques (« nicking ») aux mutilations sévères pratiquées par les exciseuses traditionnelles (2).