LES MGF TRANSFRONTALIÈRES

Il arrive que des filles sont emmenées au-delà des frontières nationales pour subir une MGF dans un pays où la loi contre la pratique est soi inexistante ou moins stricte. Ce phénomène est connu sous le terme mutilation génitale féminine transfrontalière. Les MGF transfrontalières sont encore peu documentées et difficiles à identifier, notamment en raison de leur caractère clandestin.

Afin de mieux comprendre le phénomène une discussion a été organisée au sein de la Communauté de pratiques en décembre 2019.

La note thématique s’intéresse à la pratique des FGM transfrontalières, principalement dans les communautés africaines ainsi qu’aux mesures contribuant à y mettre fin, et celles qui, à l’inverse, œuvrent à la propager hors des frontières nationales.

L’objectif de la discussion était d’approfondir la compréhension sur les MGF transfrontalières dans différentes communautés et de partager des expériences, idées ou encore mesures préventives pouvant contribuer à lutter contre cette pratique en divers contextes.

Trois Expertes ont été invitées à partager leurs expérience et expertise :

  • Natalie Robi Tingo, militante contre les MGF, fondatrice et directrice de Msichana Empowerment Kuria, Kenya
  • Joséphine Wouango, anthropologue, chargée de cours à l’Université de Liège, Belgique
  • Felister Gitonga, chargée de programmes sur les pratiques néfastes à Equality Now, Kenya

Les membres de la CoP ont échangé sur leurs connaissances personnelles du phénomène, ont cherché des solutions pour lutter contre la pratique et ont débattu du rôle des lois dans la pratique des MGF transfrontalières.

La discussion s’est appuyée sur trois questions directrices principales :

  • Les MGF transfrontalières existent-elles dans votre pays ? Avez-vous des données et preuves sur cette pratique ?
  • Comment est-il possible d’éradiquer les MGF transfrontalières dans nos communautés ?
  • Selon votre expérience, les lois régionales ont-elles eu un effet positif sur les MGF transfrontalières ?

Pendant la discussion nous avons conclu que le cadre de pensée nous incite souvent à raisonner davantage en termes de frontières et d’Etats qu’en termes de communautés. Or, les MGF transfrontalières ne peuvent être comprises que par la présence d’une même communauté des deux côtés d’une frontière, avec pour résultat des voyages fréquents et l’absence de sentiment d’être « un.e étranger.e » dans l’autre pays.

La discussion a aussi mis en lumière l’importance de la collaboration, la coopération et l’harmonisation des stratégies de lutte contre les MGF dans des pays abritant les communautés concernées par la pratique. En effet, se sont principalement les divergences de législation et d’exécution des lois qui motivent les MGF transfrontalières. La pertinence d’instaurer un contrôle aux frontières permettant d’identifier les raisons du voyage et détecter les cas de MGF transfrontalières a été débattue pendant la discussion. Toutefois, elle a abouti dans un rejet quasi unanime à cause du caractère contre-productif d’une telle démarche.

1) 28 Too Many, 2018, The Law and FGM: An Overview of 28 African Countries, Access here
2) 28 Too Many, 2018, Somalia: the law and FGM,  Access here
3) GRIGED, 2008, pratique transfrontalière de l’excision: Etat des lieux etévaluation des actions dans les zones frontalières du Burkina Faso, de la Côted’Ivoire, du Ghana, du Mali et du Niger, Access here
4) Modern Ghana, 2015, FGM Beyond the Borders: Ghanaian cross over to Burkina Faso and Togo to cut their children, Access here
5) Population Council, 1996, Project Evidence to End FGM/C: Research to Help Girls and WomenThrive, Access here
6) UNFPA-UNICEF, 2018,  Joint Programme on Female Genital Mutilation: Accelerating Change, Access here
7) UNFPA-UNICEF, 2019,  Joint Programme on Female Genital Mutilation: Accelerating Change, Access here
8) Wouango J., Ostermann  S. and Mwanga D., 2020, When and How does Law Effectively Reduce the Practice of FGM/C, Access here

 

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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