Les MGF sont-elles une affaire de religion ?

  • Les MGF sont définies comme toute intervention aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non médicales (OMS). Elles concernent plus de 200 millions de filles et de femmes dans le monde et peuvent être à l’origine de lourds problèmes de santé à court comme à long-terme, d’importants troubles psychologiques, ainsi que d’une perturbation de la vie sexuelle de la fille ou la femme ayant subi une MGF.
  • Les MGF sont pratiquées dans diverses régions du monde : Afrique (e.g. Egypte, Mali, Guinée) mais aussi Asie (e.g. Indonésie, Malaisie), Moyen-Orient (e.g. Irak, Iran), Amérique latine (Colombie, Pérou), Europe … et sont pratiquées par diverses communautés, religieuses ou non.
  • Il est tout de même important de s’intéresser au lien entre religion et MGF car si plusieurs raisons sont invoquées par les communautés pratiquant les MGF, comme le respect de la tradition, le contrôle de la sexualité féminine, l’éligibilité au mariage … la religion est souvent l’une des premières réponses données.

=> Au Mali, 64% des femmes considèrent les MGF comme un impératif religieux, comme 57% des femmes en Mauritanie ou encore 49% des femmes en Egypte par exemple (1).

=> Au-delà de la justification individuelle, les autorités religieuses elles-mêmes peuvent faire des MGF un impératif religieux, à l’image de l’Indonésie ou de la Malaisie (2).

Mais ce lien entre MGF et religion est-il fondé ? Pourquoi les MGF continuent-elles à
être pratiquées au nom de religions qui ne les demandent pas ? Comment déconstruire
ces idées dans notre travail en faveur de l’abandon des MGF ?