Exemples concrets

Ces informations ont été recueillies lors de la Conférence du 27 novembre 2018 « Intégration systématique des MGF – Mainstreaming », ainsi que lors de notre discussion thématique sur le thème du Mainstreaming des MGF. Elles émanent directement des membres cités.

> En Belgique : l’implication des médecins généralistes

(Dr. Patoulidis, médecin généraliste)

Des travaux du Dr Athéna Patoulidis sur la prise en charge de la question des MGF par les médecins généralistes en Belgique ont démontré plusieurs obstacles au réel investissement des praticien.nes : manque de connaissances et d’outils pratiques mais aussi crainte d’aborder le sujet, les praticien.nes préférant esquiver la thématique.

Les médecins généralistes peuvent pourtant jouer un rôle fondamental dans la prévention comme dans le soin accordé aux filles et femmes ayant subi une MGF. Le Dr Patoulidis a donc mis en place une formation auprès des praticien.nes construite sur la base des manques identifiés précédemment dans son étude ; elle propose d’apprendre aux médecins généralistes à utiliser les outils disponibles ainsi qu’à savoir référer vers d’autres professionnel.le.s de santé ainsi que vers des associations spécialisées.

Avant tout, l’auteure belge souligne : en tant que médecin généraliste il ne faut pas esquiver le sujet par malaise ou gêne… Les patientes ne demandent souvent qu’à aborder la question mais n’oseront le faire que si le ou la praticien.ne ouvre la porte à la discussion.

Pour en savoir plus :

> Au Burkina Faso : Intégration des MGF dans les programmes de planning familiaux

(Dr. Kaboré, médecin généraliste, Ministère de la Santé)

Au Burkina Faso dans le district de Tougan, un programme prometteur a vu le jour sous l’égide du Ministère de la Santé et du FNUAP. Ce projet, aujourd’hui étendu à douze districts, consiste en l’intégration des thématiques du mariage forcé et des MGF dans les programmes de plannings familiaux.

Dans ce district, la promotion de la planification familiale se heurtait d’une part à un faible financement et d’autre part à une faible mobilisation sociale. La participation communautaire était particulièrement faible.

Pour stimuler l’implication de la population locale, une approche utilisant un événement culturel/traditionnel local comme support de plaidoyer a d’abord été développée en 2013. Elle se nommait au départ les « Journées du Djandioba de la PF » parce qu’elle utilisait le Djandioba comme vecteur de plaidoyer et de mobilisation. Il s’agit d’une danse de réjouissance locale accompagnée d’une musique traditionnelle, dont la dimension culturelle féminine constituait un atout pour la promotion de la PF : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=djandioba

Au moment de son étendue à d’autres districts sanitaires du pays, cette approche a été rebaptisée “Journées culturelles de la PF“ afin de prendre en compte les diversités culturelles nationales et ainsi faciliter son passage au niveau national.

C’est en 2017 que la lutte contre les mariages des enfants et les MGF ont été associées à cette approche et à la planification familiale. Le chef coutumier de la communauté est ainsi le premier à être sensibilisé aux thématiques du mariage forcé et des MGF. Au sein du district, un comité d’organisation est ensuite mis sur pied et formé par les professionnel.les de santé. Progressivement, ces derniers se retirent et laissent alors les membres du comité d’organisation sensibiliser ménage par ménage les membres de la communauté aux questions de planification familiale, de mariage forcé et des MGF. Ce même comité d’organisation est également en charge de l’organisation de la fête de clôture symbolisant la réussite du programme de sensibilisation.

Introduire la lutte contre les MGF dans une activité culturelle endogène permettait ainsi d’éviter « les obstacles culturels » habituellement rencontrés dans ce genre de programme. En effet, “les MGF ont rarement été abandonnées quand les programmes visant à les éliminer ont été perçus par les communautés comme une attaque ou une critique de leurs cultures et de leurs valeurs locales“ (OMS, 2102).

“La culture est un antidote à la violence, car elle nous invite à la compréhension d’autrui et féconde la tolérance“

Renaud Donnedieu de Vabres

Collaborer avec les communautés en mettant un accent particulier sur le respect et la compréhension de leur culture offre ainsi une grande chance de réussir à mettre fin à ces atteintes aux droits humains.

Pour en savoir plus :

> En Espagne : l’intégration des MGF dans des programmes d’éducation sexuelle

(Louisa Antonin Villota, UNAF, l’Union espagnole des associations familiales)

L’UNAF a mis en place des ateliers dédiés aux femmes migrantes. Sur une durée de 3 heures, les intervenant.e.s s’attachent à travailler la thématique de la sexualité selon une approche holistique et en favorisant une méthodologie participative.

Bien que ces femmes soient souvent dans une situation de grande précarité économique et sociale, et que leurs droits sexuels peuvent apparaître secondaires face à la nécessité de répondre à leurs besoins primaires, l’expérience montre qu’une fois lancées sur la question, les femmes ne s’arrêtent plus !

Normes de genre, dictats concernant la sexualité au féminin, droits sexuels et reproductifs en Espagne … les femmes sont incitées à parler de leur corps, de leur histoire, de leur vie sexuelle. Au sein de ces ateliers où la parole est libre et encouragée, les MGF sont alors abordées comme une thématique essentielle des droits sexuels et reproductifs.

Qu’est-ce qui a fonctionné: principaux points de réussite?

Ateliers avec les femmes = Autonomisation à travers l’information, la connaissance, l’introspection à propos de notre corps et sexualité, la promotion des droits sexuels et reproductifs et la prévention des violences basées sur le genre :

·       Favoriser dès le début des stratégies d’auto-protection, de confiance en soi et de connaissances de soi-même en tant que femme. « Comment vous sentez-vous ? Qu’aimeriez-vous faire pour vous sentir bien ? Quelles sont tes passions ? » => Essayer de connecter les femmes avec leur moi intérieur, leur confiance et leur force.   

·       Faciliter la réflexion sur ce que la sexualité représente pour les femmes, par la promotion du concept de sexualité en tant que qualité humaine, une caractéristique innée présente chez chaque être humain de la naissance au décès ; notamment des aspects tels que l’interaction, le plaisir, la tendresse, les émotions, le désir et la reproduction. Cela comprend des aspects biologiques et psychologiques, ainsi que des aspects sociaux, puisque notre sexualité est également définie par le contexte historique, social, politique et culturel dans lequel nous somme éduqué.

·       Développer de la connaissance et une prise de conscience sur les normes socioculturelles basées sur le genre qui définissent notre corps et notre sexualité en tant que femme et qui contrastent avec les hommes, en tenant compte de la manière dont on a appris ces normes, et à travers qui. Ici, les femmes abordent des sujets tels que les menstruations, la chasteté, la virginité, la pureté, la maternité, l’obéissance, le silence, la honte, le péché, la beauté, les canons de beauté…

·       Donner des informations sur l’anatomie et les processus physiologiques, nos organes génitaux internes et externes, avec des illustrations graphiques de la vulve et du clitoris. Parler de la santé, du plaisir, du cycle reproducteur (ménarche, menstruation, grossesse, ménopause…) ; en soulignant l’importance des soins personnels et en accordant une attention particulière aux douleurs des femmes toujours considérées comme «normales» mais qui ne le sont pas ; souligner la pertinence d’aller chez le médecin quand on en a besoin…

·       Fournir des informations sur nos droits en Espagne, les droits sexuels et reproductifs, l’accès aux services de santé, changer de spécialiste s’il ne nous convient pas, la loi, les droits et protection contre les violences de genre, les MGF.

·       Emploi d’une méthode participative, en commençant par construire des connaissances collectives à partir des connaissances que l’on a en tant qu’individu. « Que représente le mot sexualité pour nous, quelles idées nous viennent ? Quelles sont les normes sociales fondées sur le genre relatives au corps et à la sexualité des hommes et des femmes ? Que peut-on en apprendre ? Qui nous l’enseigne ? »

·        L’éducation sexuelle de leurs enfants, filles et garçons, constitue une motivation supplémentaire pour les femmes.

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné : les défis à relever ?

·       La situation de vulnérabilité et de précarité des femmes, et le fait qu’elles sont victimes d’autres violences basées sur le genre telles que les mariages forcés, violences conjugales, la traite des femmes à des fin d’exploitation sexuelle, la violence sexuelle ; sont des obstacles à la mise en pratique dans leur vie des connaissances et réflexions acquises. L’accès à l’information ne garantit pas toujours la possibilité d’action.

·       Difficultés à trouver des moyens pour travailler en coopération plus étroite avec des femmes leaders africaines qui jouent un rôle clé dans la défense des droits humains et des droits des femmes, et qui combattent également les MGF en Espagne.

·       Renforcer le travail et la sensibilisation des hommes, ce n’est pas facile d’organiser des ateliers sur les droits sexuels et reproductifs (tabou, « pas leur problème », d’autre priorités…)

·       Manque d’une « lunette de genre » des professionnels, préjudices et stéréotypes sur la sexualité et la culture ; manque de ressources de la part des politiques publiques. 

Solutions possibles pour surmonter ces défis

Favoriser et renforcer la coordination entre les différents acteurs et agents sociaux, afin de pouvoir travailler dans une perspective globale et à long terme ; cartographie des ressources, fournir des itinéraires aux femmes pour qu’elles sachent où aller si elles en ont besoin. Travailler au niveau communautaire et local. Responsabiliser les dirigeants, respecter les délais et les processus, être des alliés sur un pied d’égalité. Sur le long terme : plaidoyer pour inclure une analyse de genre et une perspective féministe dans tous les niveaux d’éducation (y compris l’université) ; A court terme : formation des professionnels avec une perspective genrée pour prévenir les MGF, en lien avec les stratégies de prévention d’autres violences de genre ; ainsi que des capacités de communication interculturelles.

Sur le long terme : plaidoyer pour inclure une analyse de genre et une perspective féministe dans tous les niveaux d’éducation (y compris l’université) ; A court terme : formation des professionnels avec une perspective genrée pour prévenir les MGF, en lien avec les stratégies de prévention d’autres violences de genre ; ainsi que des capacités de communication interculturelles.

Qu’est-ce qu’il ne faut pas refaire ?

Tenir compte des modalités d’organisation des ateliers que nous sommes capables de faire (une activité ponctuelle en coordination avec une autre ONG ou association réunissant un groupe de femme ou d’homme, pendant 2-3 heures)

Ils suggèrent de ne pas travailler avec des groupes mixtes, des femmes et des hommes en même temps; ils ont essayé de le faire, parce qu’ils ne voulaient exclure personne, mais les hommes ont finalement quitté l’atelier en plein milieu… 

Il est également important que les femmes partagent avec le groupe une situation sociale plus ou moins commune. Ils ont parfois réalisés des ateliers où certaines femmes souffraient de traumatismes (arrivée récente par bateau, victime de plusieurs violences sexuelles ou de trafic…) et ce fut difficile à gérer. Ils ont finit avec le sentiment de ne pas pouvoir donner le soutien et l’information nécessaire à qui que ce soit.

> En Irlande : l’intégration des MGF dans le discours religieux

(Salome Mbugua, AkiDwA)

Les leaders religieux sont très respectés au sein leurs communautés en Irlande et sont ainsi en position d’influencer les comportements et les normes sociales existant au sein de ces groupes.

C’est pourquoi l’association irlandaise AkiDwA favorise la sensibilisation des leaders religieux à la thématique des MGF pour faire d’eux de véritables acteurs du changement. Même si la nature hiérarchique des structures religieuses a pu leur donner quelques difficultés, l’association a aujourd’hui pu investir près de 70 leaders religieux dans la lutte contre les MGF, et entend engager maintenant le débat au sein des forums religieux, grands événements rassemblant de nombreuses figures religieuses présentes en Irlande.

> En Somaliland : l’intégration des MGF dans des projets d’AUTONOMISATION économique

(Maria Väkiparta, ISF, International Solidarity Foundation)

ISF est une ONG de défense des droits humains  qui existe depuis 1970. Basée en Finlande, elle agit au Kenya, en Somaliland et au Nicaragua par l’intermédiaire d’OSC locales avec qui ISF noue des partenariats à long terme afin de renforcer l’appropriation locale et la durabilité des projets. Sa stratégie est axée sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles, en particulier les MGF, et sur l’autonomisation économique des femmes.

 Au sein des communautés de personnes rurales et/ou déplacées internes en Somaliland, ISF intègre depuis 2001 les activités de prévention contre les MGF  dans des projets d’autonomisation économique. Engager les communautés dans la prévention des MGF à travers des activités génératrices de revenus aide ISF et ses partenaires locaux à asseoir leur légitimité  et à construire une relation de confiance. Des échanges sur des questions sensibles sont peu à peu rendus possibles.

Plus particulièrement dans les zones rurales de Somaliland, les MGF sont profondément ancrées et souvent vues comme étant mandatées par l’Islam. De plus, c’est encore un tabou et un moyen d’acceptation culturel garantissant la virginité, et par conséquent le mariage des filles. A plus long terme, cette approche mainstreaming s’attaque donc à l’une des causes profondes du maintien des MGF : la subordination socio-économique des femmes et leur dépendance vis-à-vis du mariage pour leur sécurité sociale et leur statut. En permettant aux femmes d’exercer des activités génératrices de revenus, ils.elles leur permettent de s’assurer un statut au sein de leur famille et de leur communauté, remettent en cause la rigidité des rôles attribués à chaque sexe et renforcent l’autodétermination des femmes.

  • Avec leur partenaire Candlelight, ils.elles ont intégré un volet relatif aux MGF dans leurs projets d’autonomisation au sein de plusieurs régions de Somaliland.  Ce projet prévoit la participation du Community Management Committee (CMC) local (qui inclut les leaders religieux locaux) en mettant à l’ordre du jour du CMC les MGF. ISF prévoit également la formation d’un.e facilitateur local basé.e dans la communauté afin qu’il.elle soutienne le CMC dans la lutte contre les MGF.
  • Avec leur autre partenaire SOYDAVO, ISF a intégré la sensibilisation aux MGF dans vingt groupes d’entraide féminins, au sein desquels des cours d’alphabétisation et de calcul ont été mis en place afin d’aider les commerçantes engagées dans des activités génératrices de revenus à développer leurs compétences.
  • Dans leur travail de prévention contre les MGF dans le Kisii au Kenya (débuté en 2015), ISF a pour projet d’intégrer leur travail dans les activités d’appui aux moyens de subsistance à partir de 2020. Actuellement, leurs partenaires locaux Manga Heart et CECOME sensibilisent et aident les enseignants à intégrer le sujet des MGF dans leur programme, et ils identifient des groupes et plateformes où les gens se rassemblent naturellement : par exemple des barazas (réunions informelles), congruences, des groupes de femmes ou de jeunes existants où des pairs formateurs sont formés au sein de ces groupes.

> Au Soudan : l’intégration des MGF au niveau gouvernemental et institutionnel

(Alaa Ellidir, NCCW)

Le National Council for Child Welfare (NCCW) est une plateforme réunissant des représentant.e.s de nombreux ministères du gouvernement soudanais. Créé en 1991 en tant que mécanisme national de prévention et de contrôle des questions liées aux enfants au Soudan, et en tant que mécanisme de suivi des conventions internationales et régionales de protection de l’enfance ratifiées par le Soudan (notamment la Convention relative aux droits de l’enfant), il assure depuis 2014 l’intégration de la question des mutilations génitales féminines dans les préoccupations et programmes de tous les ministères représentés, à travers le Mécanisme de Coordination pour l’Abandon des MGF au Soudan.

Pourquoi le mécanisme de Coordination pour l’Abandon des MGF a été mis en place?

A un moment donné, le NCCW et ses partenaires ont réalisé que leurs efforts pour lutter contre les MGF n’étaient pas suffisants. Cela était dû à la protestation de groupes spécifiques contre le mouvement, ainsi qu’à un manque de coordination entre les partenaires qui provoquait une dispersion des efforts. Le Conseil a alors commencé à mettre en place le mécanisme.

Créé en 2014, il compte aujourd’hui 40 membres au niveau national (NTF). Ils ont été soigneusement sélectionnés parmi différents ministères transversaux afin qu’ils joignent leurs forces au NCCW en vue de l’abandon des MGF. Suite au succès du NTF, un STF (niveau étatique) a été créé en 2015 dans les 18 Etats du Soudan, et des LTFs (niveau local) en 2016. Ces groupes de travail ont aidé le NCCW à intégrer la lutte contre les MGF dans divers secteurs afin de mettre fin à la pratique.

Les principaux points de succès?

Le NCCW a élaboré un décret administratif qui s’assure que le président soit le secrétaire général du NCCW, et que le vice-président soit un membre du Ministère de la Santé, afin d’organiser le mécanisme.

Les autres membres ont été choisis parmi divers ministères (sécurité sociale, justice, orientation, média, éducation, culture et intérieur) mais il y a aussi des membres experts indépendants, parlementaires, professeurs d’universités et membres du National Centre of Curriculum and Assessment, et des membres des agences des Nations Unies et d’ONG Internationales (qui les financent et les aident à élaborer leurs projets).

Les LTFs sont composés de communautés locales. Ils ont donc un conseil d’administration complètement différent composé de maires, cheikhs, leaders et sages-femmes dirigé.e.s par le chef de la localité.

  1. L’une des raisons du succès de ce mécanisme tient au fait que tous les membres sont des décideurs au sein de leurs ministères respectifs et ont donc leur mot à dire dans la modification des politiques de leur ministère afin d’intégrer les MGF dans différents secteurs pour parvenir à leur abandon.
  2. Le mécanisme s’est également bien déroulé grâce à des réunions trimestrielles au cours desquelles les projets d’intégration des mutilations génitales féminines et les réalisations de chaque ministère sont discutées, et les responsabilités de chaque secteur attribuées.
  3. Un facteur très important de ce mécanisme est que le NCCW est consulté sur toutes les décisions (telles que les nouvelles méthodes, stratégies et politiques) liées à l’abandon des MGF, et ce avant qu’elles ne soient prises. Bien entendu, le NCCW consulte également le conseil d’administration avant de prendre toute décision. Par exemple, le mécanisme de l’Examen Périodique Universel (EPU) est présenté au conseil avant de l’envoyer au Conseil des Droits de l’Homme.

Les défis à relever ?

  1. Le principal problème provient de la mentalité des membres de certains secteurs. Au lieu de participer au mécanisme, ils estiment qu’il est préférable pour eux de travailler de manière indépendante, ce qui retarde le mainstreaming des MGF.
  2. De plus, le ministère de la Santé estime que les mutilations génitales féminines ne seraient qu’un problème de santé qui ne devrait pas être traité par d’autres secteurs.
  3. À ce jour, certains groupes sont opposés à l’abandon des MGF, en particulier les sages-femmes qui tirent un revenu de la pratique illégale des MGF. Ces sages-femmes se battraient fréquemment contre le mécanisme.
  4. Un autre défi provient de la négligence des groupes de réseaux de protection. Ces groupes sont des volontaires qui travaillent avec les communautés et les organisations locales pour sensibiliser le public à de nombreuses pratiques négatives telles que VAC, le VIH / SIDA, MR, RH et bien sûr les MGF.  

Les solutions possibles pour surmonter les défis

  1. Mise en place de séances « brise-glace » avec le ministère de la Santé pour s’assurer qu’il est sur la même longueur d’onde que le NCCW. Suite à ces séances, le ministère de la Santé est devenu le vice-président du mécanisme (par l’adoption d’un décret administratif).
  2. Afin de lutter contre la réticence des sages-femmes, le Mécanisme a recruté en tant que membre une personne du Comité National des Sages-Femmes, qui représente les sages-femmes soudanaises au conseil d’administration du mécanisme. Des séances de sensibilisation ont également été menées avec ces sages-femmes pour les informer du danger des mutilations génitales féminines et les impliquer dans de petits projets afin de leur permettre de gagner un revenu.
  3. Il est prévu de travailler prochainement aux côtés des groupes de réseaux de protection car ils constituent un important moyen de sensibilisation dans divers secteurs.
  4. Concernant le problème de la duplication des recherches liées aux MGF, un Groupe Consultatif de Recherche composé des membres du NTF a été mis en place : il passe en revue toutes les recherches sur les MGF avant leur publication.
  5. Leur perspective pour 2019 est d‘introduire le sujet des MGF dans les programmes d’enseignement primaires dans un premier temps, puis dans les programmes des écoles de médecine. Ils y travaillent actuellement car l’un des membres du mécanisme est issu du Centre national des Programmes et de l’Évaluation.

Ce qu’ils suggèrent de faire 

Lors de la mise en place du mécanisme en 2014, ils ont laissé de côté certains ministères importants. Or, il serait utile que le ministère de la Coopération soit impliqué, car il est responsable de toutes les agences des Nations Unies et de leur travail au Soudan. Le ministère des Affaires étrangères est également un ministère essentiel car avec son aide les membres du mécanisme pourraient prendre part à des conférences régionales et internationales, ce qui faciliterait l’intégration systématique de la lutte contre les mutilations génitales féminines puisque cela augmenterait les capacités de discussion et d’échange d’idées.

=> Le NCCW représente ainsi un bel exemple de l’engagement inter-ministériel nécessaire à la lutte pour l’abandon des MGF. L’agrandissement de la plateforme est en cours, notamment avec l’inclusion du Ministère de la Coopération et du Ministère des Affaires étrangères.