Difficultés et recommandations

quelles sont les Difficultés à surmonter ?

L’expérience du « gender mainstreaming », c’est à dire la prise en compte des inégalités et normes de genre dans les programmes et projets plus larges menés par des organes gouvernementaux, régionaux et supra-gouvernementaux, nous permet d’apprendre des obstacles et erreurs, afin de mieux préparer le «mainstreaming» des MGF. Ainsi, les projets uniquement dédiés à la thématique du genre sont tombés dans l’oubli en quelques années, alors que les projets intégrés ont pu continuer à évoluer et à grandir.

Néanmoins, plusieurs difficultés sont à devancer :

  • Le risque de perdre les fonds spécifiques accordés pour lutter contre les MGF si dilués dans des programmes plus larges où les MGF n’apparaîtraient plus comme une priorité
  • Le risque de perdre les données et chiffres spécifiques sur les MGF
  • Le risque de ne plus reconnaître le besoin en ressources humaines dédiées à cette thématique
  • Le manque de prise de responsabilité (« accountability ») : si tout le monde est responsable de la question des MGF, personne n’en est vraiment responsable …
  • De plus, qui définirait alors les priorités dans la lutte contre les mutilations génitales féminines ?
  • Enfin, la question d’un budget insuffisant reste une préoccupation majeure des acteur/trices du changement.

Quelles Recommandations pour un « mainstreaming des mgf » ?

1) Intégrer les MGF dans des programmes et secteurs plus vastes, en parallèle d’un maintien de projets spécialisés sur la question.

2) Assurer une formation systématique et institutionnalisée des professionnel.le.s, en l’incluant dans les curricula universitaires.

3) Renforcer la recherche sur les MGF en garantissant le recueil de données spécifiques.

4) Garantir des lignes budgétaires spécifiques et suffisantes. S’ouvrir aux nouvelles possibilités de financement tout en restant engagé.e.s vis-à-vis des gouvernements. Demander plus de données transparentes sur les dépenses des gouvernements et le budget réellement consacré aux MGF.

5) Tenir les gouvernements, institutions et organisations de coopération responsables de leurs engagements (« accountability »).

6) Encourager une approche de travail qui vise à déconstruire les rôles et stéréotypes genrés.

7) Renforcer le suivi (« monitoring ») et l’évaluation des programmes et projets visant l’abandon des MGF.

8) Impliquer systématiquement les communautés concernées dans les actions et travaux, y compris les jeunes générations. Des financements accessibles sont nécessaires (petites sommes et flexibilité des subsides).

Ces recommandations émises lors de la conférence ont également été transmises au « FGM Donor
Working Group ».