L’approche d’Amref : des RPA menés par la communauté Contribution de Bertine Pries, member of the CoP

Amref Health Africa est une ONG internationale (https://amref.fr/) qui a choisi de fonder son travail de lutte contre les MGF sur la mise en place de rites de passage alternatifs. Cette approche est développée dans le cadre de leurs projets Water, Sanitation and Hygiène and ending FGM/C (Eau, Assainissement et Hygiène et fin des MGF/E) dans les régions du Kilindi (Tanzanie) et Kajiado (Kenya). Bertine Pries a partagé l’expérience de l’ONG avec la Communauté de pratiques.

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Comment agir au niveau économique

Afin d’agir sur les facteurs économiques, il faut que les MGF ne soient plus considérées comme un critère d’éligibilité au mariage, et qu'il ne soit plus perçu comme nécessaire pour assurer la survie matérielle et l’acceptation sociale des femmes. De ce fait, il est nécessaire de changer les consciences, les conditions matérielles et les possibilités de prise de décision des femmes (1). Cela passe en partie par l’autonomisation des femmes en leur offrant de meilleures opportunités d’éducation et d’emploi. Ainsi leur survie économique est assurée même sans mariage, et la dépendance économique réduite (2).

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Outil de calcul des coûts des MGF de l’OMS

Le 6 février 2020 – journée internationale contre les MGF – a été présenté pour la première fois, à Bruxelles, l’outil développé par l’OMS pour calculer les coûts liés aux MGF. Il est disponible ici : https://srhr.org/fgmcost/cost-calculator/ La calculatrice des coûts des MGF de l’OMS évalue les coûts actuels et futurs en matière de soins associés aux MGF dans les pays sélectionnés, ainsi que les potentielles économies pour les systèmes de santé permises par la réduction des MGF.

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Comment lutter contre les MGF transfrontalières ?

Au niveau national Une législation nationale plus ferme concernant les mutilations génitales transfrontalières et la poursuite de ceux impliqués dans leur pratique est nécessaire. En ce sens, Felister Gitonga a souligné le rôle de la loi Kenyane interdisant les MGF. « La mise en œuvre de la loi sur l’interdiction des MGF au Kenya (2011) a également contribué à l’augmentation des MGF transfrontalières. La loi criminalise les mutilations génitales féminines transfrontalières en vertu de l’article 21. La collaboration entre les organisations communautaires, les agents de police communautaire et les organismes d’application de la loi a intensifié l’application de la loi au Kenya, les autorités étant très vigilantes pendant la saison d’excision. Ainsi, les membres de la communauté choisissent d’emmener des enfants en Tanzanie où les autorités ne sont pas très vigilantes. »

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Travailler avec les Kurdes d’Irak et d’Iran

Une membre de Wadi a également partagé des informations sur les opportunités de collaborations transfrontalières entre Kurdes d’Iran et d’Iraq. “Nous avons, à la frontière entre l’Irak et l’Iran, une situation tout à fait particulière où les Kurdes sont affectés des deux côtés de la frontière (dans le Sud les Arabes sont aussi concernés, mais nous ne travaillons pas dans cette zone). La situation est d’autant plus difficile qu’il n’y a pas d’important donneur de fonds prêt à financer des projets en Iran. De plus, en parallèle, l’Iran n’acceptait pas que la communauté internationale travaille sur ce terrain ni même que des ONG locales établissent des connections avec l’international. Le point positif est que la télévision kurde iraquienne est très populaire en Iran. Ainsi, les Kurdes iraniens voient nos spots télévisés contre les MGF, les talk shows, etc. Cela a permis de débuter une discussion en Iran avant même que nous ayons pu débuter notre travail au-delà de la frontière.

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La situation dans des pays spécifiques

Cinq pays, le Kenya, l’Ouganda, l’Éthiopie, la Tanzanie et la Somalie, comptent pour près d’un quart des 200 millions de femmes et de filles dans le monde qui ont subi des mutilations génitales féminines (environ 48,5 millions). Alors que la prévalence des MGF chez les femmes âgées de 15 à 49 ans est de 21% au Kenya, 98% en Somalie, 65% en Éthiopie, 10% en Tanzanie et seulement 0,3% en Ouganda. Récemment, un rapport de l’UNFPA Kenya note que les communautés transfrontalières ont souvent une prévalence plus élevée (1). Dans les cinq pays, cinq groupes ethniques résident dans plus d’un pays (les Kikuyu, les Kuria, les Maasaï, les Pokot et les Somalis). Ils partagent des traditions et des cultures, y compris la pratique des MGF.

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Qu’avons-nous appris de la discussion ?

Que retenir des contributions des membres ? Voici les idées principales qui ont émergé lors de la discussion sur les MGF transfrontalières : Repenser et questionner la notion de ‘‘frontière’’. De nombreux membres ont insisté sur l’omniprésence de frontières ‘‘artificielles’’ en Afrique, marques des divisions héritées de la colonisation et clés d’explication fondamentales des MGF transfrontalières. Ne plus penser seulement en termes de frontières et d’Etats pour privilégier une approche en termes de communautés vivant et partageant une culture et des traditions dépassant les frontières. De ce fait, franchir une frontière ne se traduit pas automatiquement par le sentiment d’être étranger dans le pays de destination. Une coopération et collaboration accrues s’imposent ainsi comme nécessaires entre les pays abritant les mêmes communautés.

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Focus sur les MGF transfrontalières au Burkina Faso et Mali

Joséphine Wouango, anthropologue, nous a fait part de ses connaissances et de l’avancée de ses recherches sur les MGF transfrontalières entre le Burkina Faso et le Mali. Joséphine Wouango est maitre de conférences à l’Université de Liège, en Belgique, et experte en recherche qualitative travaillant avec diverses organisations. Elle assiste actuellement l’Agence belge de développement (ENABEL) en tant qu’experte pour ses programmes de coopération bilatérale en Afrique de l’Ouest sur l’égalité des sexes, la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes. Elle apporte une perspective anthropologique pour les aider à mieux comprendre le contexte et les besoins des populations qu’ils ciblent.

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