Résultats du Dialogue International virtuel des parties prenantes (ISD) 2021

Le présent rapport est basé sur les discussions tenues dans le cadre du Dialogue International virtuel des parties prenantes (ISD) organisé par AIDOS, GAMS Belgique et le réseau européen End FGM en octobre-novembre 2021. Les discussions ont rassemblé 53 parties prenantes du secteur public, des organisations de la société civile et du système des Nations Unies, représentant 33 organisations de 21 pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord œuvrant pour l’élimination des Mutilations Génitales Féminines (MGF).

L’objectif principal de l’ISD est de soutenir le développement d’approches pratiques et prometteuses de transformation du genre pour mettre fin aux MGF par l’apprentissage mutuel, l’identification des bonnes pratiques et l’établissement collectif de recommandations pour les principales parties prenantes internationales. L’ISD vise en outre à mettre en place et à formuler des suggestions pour la mise en œuvre des coalitions d’action 1 et 3 du Forum Génération Égalité (FGE).

Les discussions de l’ISD ont reconnu que la MGF est étroitement liée aux relations de pouvoir inégales entre les hommes et les femmes et qu’elle constitue une forme de violence basée sur le genre (VBG). En tant que manifestation de l’inégalité entre les sexes, elle doit être traitée par des approches qui visent non seulement à éliminer la pratique en elle-même, mais aussi à transformer les normes sociales et de genre et les relations de pouvoir qui l’ont produite et maintenue en tant que pratique. Le concept du continuum de l’équité des genres, qui décrit les différentes approches à l’équité des genres qui peuvent être adoptées pour évaluer le potentiel de la programmation et de la politique pour traiter les normes de genre néfastes et les relations de pouvoir, est crucial pour développer une approche transformatrice de genre (ATG) qui puisse mettre fin aux MGF. Pour parvenir à un changement durable, des interventions multisectorielles qui traversent le modèle socioécologique et interviennent à différents niveaux des structures sociales, politiques et juridiques sont nécessaires.

Bien que l’application d’approches transformatrices de genre soit de plus en plus populaire parmi les donateurs et les donatrices internationales, les discussions de l’ISD ont mis en lumière les considérations qui doivent être faites lors de l’application de cette approche pour mettre fin aux MGF. Le manque de compréhension commune et de compétences sur l’ATG parmi la société civile qui œuvre pour mettre fin aux MGF nécessite des investissements dans le renforcement des capacités et le transfert de connaissances de pair à pair. La portée importante et le délai considérable nécessaires à la pleine application d’un programme de transformation du genre représentent des obstacles pour les petites organisations, qui sont souvent actives uniquement au niveau de leurs communautés locales et qui dépendent d’un financement à court terme. Il existe d’autres préoccupations quant à la conception de programmes qui sont seulement susceptibles d’apporter des résultats à long terme (comme le sont les approches transformatrices de genre) à des situations qui peuvent sembler nécessiter une intervention immédiate – cela souligne l’importance de sensibiliser au continuum de la violence auquel sont confrontées les femmes et les filles, dont la MGF n’est qu’une manifestation. Les approches transformatrices de genre nécessitent en outre une large attention qui va au-delà des groupes de risque traditionnels des MGF – c.-à-d., les femmes et les filles, qui détiennent souvent le moins de pouvoir dans les sociétés – et pour qu’une attention égale soit accordée à ceux qui détiennent le plus de pouvoir, en particulier les hommes mais aussi les femmes âgées qui doivent prendre part à un processus de transformation des genres.

Compte tenu de ces limites, peu de bonnes pratiques d’approches transformatrices de genre pourraient être signalées dans le domaine de la fin des MGF et la plupart des données probantes recueillies concernent les lacunes et les défis. Pour y répondre, les participant.e.s à l’ISD ont élaboré une série de recommandations, alignées sur les objectifs des coalitions d’action 1 et 3 du FGE. Les recommandations à l’intention des bailleurs et bailleuses de fonds et des donateur.rice.s se concentrent sur la manière dont ils ou elles peuvent aider leurs bénéficiaires à développer des approches transformatrices de genre plus complexes et de plus en plus nombreuses, à accroître les capacités et les compétences des bénéficiaires et à développer des réseaux et des collaborations qui peuvent conjointement offrir des approches transformatrices de genre. Les recommandations à l’intention des décideurs et décideuses politiques et des gouvernements fournissent des suggestions sur la façon d’adopter une approche transformatrice de genre dans leur propre élaboration des politiques, de mieux inclure les femmes et les filles dans la prise de décisions et d’assurer l’élimination des normes de genre néfastes dans les politiques. Les recommandations à l’intention de la société civile encouragent l’échange de connaissances entre les organisations, en développant de nouvelles approches aux rapports aux donateur.rice.s pour démontrer les impacts des approches transformatrices de genre, en s’assurant que leur culture organisationnelle est transformatrice de genre et, si possible, en travaillant plus étroitement avec les gouvernements pour promouvoir le changement de politique transformatrice de genre.

“La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines” fait partie du projet “Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF”, soutenu par le “Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF”.
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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