La masculinité positive une approche pour mettre fin aux MGF ?

Deux exemples pour inspirer les programmes anti-MGF

Au cours du Dialogue international des parties prenantes (ISD) sur les approches transformatrices de genre pour mettre fin aux mutilations génitales féminines, des participant.e.s ont partagé des bonnes pratiques pouvant inspirer le travail vers l’abandon des MGF. Deux intervenant.e.s ont notamment présenté des programmes visant à promouvoir l’égalité des genres en remettant en question la socialisation masculine : 

·  Richine Masengo  directrice exécutive de Si Jeunesse Savait (SJS) avec le « projet EKOKI – Les jeunes hommes et les jeunes femmes contre les masculinités toxiques et les violences basées sur le genre à Kinshasa ».

· Fidele Rutayisire, directeur exécutif de Rwandan Men Resource Center (RWAMREC).

Projet EKOKI – Kinshasa, Congo

Si Jeunesse Savait (SJS) est une organisation de jeunes féministes et située à Kinshasa, RDC. SJS travaille sur la promotion du leadership des jeunes, les droits de santé sexuelle et reproductive (DSSR), les TIC (Technologie d’Information et de Communication) ainsi que la justice économique et l’entrepreneuriat.

Selon Richine Masengo l’approche développée dans le projet EKOKI de SJS se concentre sur la remise en question des normes de genre dans la société congolaise et l’abandon de toutes les formes de VBG. Pour ce faire, l’association sensibilise sur le concept de la masculinité positive par opposition à la masculinité toxique dans le but de pousser les participant.e.s à la réflexion sur ces concepts et de provoquer un débat plus largement dans leurs familles et leurs communautés.

Le public cible de ce projet sont des élèves et étudiant.e.s de moins 24 ans, de 15 écoles de Kinshasa. À travers des groupes de discussion en non-mixité, d’une durée entre 1h et 2h, les jeunes sont invité.e.s à aborder des thèmes autour des normes de genre, des inégalités ainsi que des violences physiques, psychologiques et sexuelles. Au fil de quatre séances par groupe, différentes questions sont posées, telles que: « en tant que femme/homme, qu’elles sont les choses/attitudes que tu ne peux pas supporter lorsque tu vois un homme/femme ? », « quels sont les choses que vous considérez normales qu’elles soient faites uniquement pour les femmes/hommes ? ».  Le but de ces questions est notamment de comprendre le niveau de discriminations et stéréotypes intériorisés par les participant.e.s.

Grâce à EKOKI, les jeunes et les enseignant.e.s des écoles faisant partie du projet se sont engagé.e.s à l’élaboration des chartes d’engagement moral pour les écoles, l’une pour les rapports entre élèves et l’autre pour les rapports entre enseignant.e.s et élèves.

Le projet a eu plusieurs retombés en RDC. D’une part, le ministère de l’Éducation a reproduit le modèle dans d’autres écoles du pays. D’autre part, une campagne importante autour de la masculinité positive a été mise en place auprès d’un public adulte masculin. Enfin, l’approche a été mise en avant comme une bonne pratique au-delà des frontières du pays, notamment à travers des médias internationaux.

Pour apprendre un peu plus sur ce projet, n’hésitez pas à consulter Si Jeunesse Savait.

RWAMREC – Rwanda

RWAMREC est une organisation féministe qui travaille avec des hommes dans la promotion de l’égalité de genre et lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) à travers la masculinité positive. Elle tente de briser les normes  de genre néfastes en ciblant les hommes et les garçons. Ceux-ci sont représentés aussi bien en tant que victimes de ces normes néfastes, reproducteurs de schéma déjà existant, modèles à suivre ainsi que des agents du changement.

 Les programmes de RWAMREC se construisent en faisant des recherches en amont afin d’identifier les besoins des hommes et les garçons, leurs préférences et ceux-ci sont implémentés selon différentes approches. 

La première approche est le « Youth for change ». Elle est réalisée avec de jeunes garçons et filles. L’approche vise à briser les normes de genre néfastes tout en promouvant l’égalité de genre afin de permettre des relations plus saines entre les adolescent.e.s à l’école et dans leur communauté. Des programmes de promotion des masculinités positives sont développés dans le but de les pousser à la réflexion sur leurs croyances, leurs attitudes et leurs perceptions des identités de genre.

La deuxième approche est « The journey of transformation ». Elle se fait sous forme d’atelier  de sensibilisation auprès des couples afin d’empêcher les violences domestiques, mais également de promouvoir l’égalité entre femmes et hommes, empêcher les VBG au sein de la communauté et sur le lieu de travail ainsi que soutenir l’autonomisation économique des femmes. Une diminution de 55% des violences domestiques a été constatée dans les endroits où RWAMREC a mis en place cette approche.

La troisième approche est le « Bandebereho »qui signifie modèle à suivre en kinyarwanda. Inspirée par le Program P de l’organisation brésilienne Promundo, cette approche vise à favoriser la participation des hommes à la santé reproductive et maternelle, aux soins et à la santé des enfants ainsi qu’au bien-être de chacun des partenaires. Pour ce faire, des séances de discussion et de réflexion incluant les partenaires du couple sont organisées. De plus, une évaluation a enregistré une diminution des VBG de 45% dans les districts où RWAMREC a opéré.

La quatrième approche est le « Community score Cards » qui est une approche communautaire participative de suivi et d’évaluation. Le but de cette approche est  de permettre aux  communautés d’évaluer elles-mêmes la qualité de la prise en charge des VBG dans les services publics.

Il est primordial que chaque approche s’adapte aux réalités de la vie des membres de la communauté afin qu’elle soit le plus efficace possible. Pour veiller à la réussite des approches, chaque participant.e doit avoir accès à un environnement sécurisé afin qu’il.elle puisse se confier et que toutes les données récoltées soient les plus fiables possible.

Vous pouvez voir la vidéo du ISD avec la présentation de Richine Masengo et Fidele Rutayisire ici.

Résultats et Rapport du Dialogue International des Parties Prenantes 2021 (ISD) (en anglais)

Connaissez-vous des projets œuvrant pour une masculinité positive pour l’abandon des MGF ? N’hésitez-pas à les partager avec les modératrices de la CoP

“La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines” fait partie du projet “Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF”, soutenu par le “Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF”.
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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