Résumé des recherches sur l'implication des hommes pour mettre fin aux MGF

Au cours de la discussion sur l’implication des hommes pour mettre fin aux MGF, les membres ont partagé certaines des recherches effectuées précédemment pour tenter de répondre aux questions ci-dessous:

  • Que pensent les hommes des MGF dans votre communauté ?
  • Est-ce que les opinions des hommes se traduisent par des actions concrètes contre les MGF ?
  • Comment peut-on améliorer la communication entre hommes et femmes au sujet des MGF ?

L’étude intitulée: Female genital mutilation (FGM) Awareness and perceptions of Somali men in the Helsinki region, Finland (Sensibilisation aux mutilations génitales féminines (MGF) et perceptions des hommes somaliens dans la région d’Helsinki, Finlande) par Abdirizak Hassan Mohamed & Johanna Latvala (2020) a montré que les participants étaient généralement conscients des conséquences des MGF, principalement celles directement liées à la santé et étaient attentifs aux problèmes de santé liés aux MGF de leurs conjoints. Ils ont également déclaré que les MGF causaient des problèmes à la protection de la santé sexuelle et reproductive.

  • La plupart des participants savent que les MGF sont illégales en Finlande.
  • Les participants considèrent les MGF comme une pratique culturelle et non religieuse.
  • L’attitude des participants à l’égard des mutilations génitales féminines a considérablement changé après être arrivés en Finlande et avoir reçu des informations sur les conséquences néfastes des mutilations génitales féminines.
  • Les jeunes participants nés en Finlande n’ont pas beaucoup de connaissances sur les MGF.
  • Presque tous les participants s’opposent strictement à la pratique de tout type de MGF.
  • Certains participants ont des opinions ambiguës sur ce que la religion dit à propos du type de MGF « sunna ».
  • Les participants ne considèrent pas les MGF comme une condition préalable au mariage.
  • Les participants nés et élevés en Finlande préfèrent épouser une femme non excisée.
  • Les participants prennent des décisions concernant les MGF avec leurs épouses.
  • Les participants pensent que les hommes ont un rôle à jouer dans la lutte contre les MGF en protégeant leurs propres filles.
  • Les membres de la famille élargie des participants n’ont généralement pas leur mot à dire dans la décision des parents concernant les MGF.
  • De nombreux participants sensibilisent leurs proches aux conséquences néfastes des MGF en Somalie.
  • De nombreux participants pensent que les hommes peuvent jouer un rôle actif dans la société pour éradiquer les MGF en entamant une discussion, en plaidant et en faisant campagne.

La deuxième étude envoyée par une membre de la CoP est celle du projet The Men Speak Out intitulée ‘‘Men have a role to play but they don’t play it’’ (Les hommes ont un rôle à jouer mais ils ne le jouent pas) avec la participation de O’Neill S., Dubourg. D, Florquin S., Bos M., Zewolde S., Richard F . Cette étude visait à accroître les connaissances sur le rôle des hommes dans la perpétuation des MGF en abordant 4 questions clés:

  1. La compréhension par les hommes de l’excision en tant que risque pour la santé et violation des droits humains
  2. La communication entre les femmes et les hommes sur la pratique de l’excision
  3. Les opinions des hommes sur les MGF
  4. L’implication des hommes dans le processus de prise de décision pour mettre fin à la pratique
Au total, 60 entretiens approfondis ont été menés à travers la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Pour l’étude quantitative, un total de 1618 hommes âgés de 15 à 59 ans ont été interrogés. La recherche qualitative a révélé les raisons de pratiquer les MGF couramment mentionnées par les participant.e.s:
  • Religion (bien que la pratique ne soit pas mentionnée dans le Coran)
  • Le contrôle du désir
  • La préservation de la virginité
  • Possibilité de mariage,
  • Propreté et l’esthétique
  • Pression sociale

La recherche qualitative a montré, que les participant.e.s plus jeunes étaient plus incertains quant à savoir si la pratique était une obligation religieuse contrairement aux participant.e.s plus âgé.e.s qui avaient résidé plus longtemps en Europe. Ces derniers ont suggéré que l’excision était généralement considérée comme une exigence religieuse dans leurs communautés, mais que cette croyance était erronée. La croyance que l’excision est une exigence religieuse est un facteur important influençant les attitudes concernant la poursuite de la pratique. Les hommes qui pensent que l’excision est requise par la religion sont 15 fois plus susceptibles de penser que la pratique devrait se poursuivre. Les données quantitatives et qualitatives montrent que la migration influence les attitudes des hommes quant à la poursuite de la pratique.

Points de vue des participant.e.s sur la façon de mettre fin à la pratique :

Dans les trois pays, les participant.e.s à la recherche ont suggéré que la communication entre hommes et femmes était cruciale pour l’abandon de la pratique. Il est important que mari et femme se parlent de la pratique et discutent de la décision de ne pas exciser leurs filles.

  • L’accès à des informations adéquates faciliterait la tâche et beaucoup de ceux qui soutiennent cette pratique ne savent tout simplement pas les conséquences des MGF.
  • L’implication de différents types de leaders, tels que les chefs religieux, les leaders d’opinion et les leaders communautaires dans le mouvement d’abandon a été bénéfique.
  • Les informations que les nouveaux migrant.e.s et demandeurs.e.s d’asile reçoivent à leur arrivée aux Pays-Bas ont un fort impact sur leur attitude à l’égard de cette pratique. La plupart des hommes et des femmes ont déclaré qu’avoir une connaissance plus détaillée des conséquences avait changé leur avis.
  • Donner accès aux informations aux migrant.e.s africain.e.s ne devrait plus rester la responsabilité des ONG et des associations. Recevoir de telles informations par l’intermédiaire d’une institution gouvernementale et d’un service public peut être bénéfique et serait susceptible d’améliorer la connaissance de la pratique ainsi que réduire la volonté de continuer.

L’étude a été réalisée par le GAMS Belgique en collaboration avec Forward UK et la fondation HIMILO aux Pays-Bas, dans le cadre d’un projet global qui incluait également la formation de relais communautaires et des activités de sensibilisation.

“La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines” fait partie du projet “Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF”, soutenu par le “Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF”.
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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