Les activistes anti-MGF étaient présents au Forum des ONG de la CSW65

La CoP sur les MGF et ses membres ont participé au Forum des ONG CSW65 (NGO CSW65 Forum) qui s’est déroulé en parallèle de la 65ème Commission sur la condition de la femme du 14 au 26 mars 2021. Cette année, à cause de la crise sanitaire, la CSW et le Forum des ONG ont été organisés dans un format hybride avec des rencontres virtuelles.

Le Forum a rassemblé 25000 participant.e.s venant du monde entier autour d’un programme très divers. Certaines conférences traitaient spécifiquement du sujet des mutilations génitales féminines.

The Global Platform for Action to END FGM/C a organisé un évènement parallèle intitulé « Partenariats pour accélérer l’action mondiale visant à mettre fin aux MGF/C d’ici 2030” (“Partnerships to Accelerate Global Action to End FGM/C by 2030”), le 24 mars.

De nombreux sujet ont été discutés comme la médicalisation des MGF en Indonésie, l’importance du rôle de la jeunesse dans le travail contre les MGF mais aussi la santé mentale des survivantes.

Nous avons pu écouter Aya Chebbi (ancienne envoyé spécial de l’Union africaine pour la jeunesse), Malaika Somji (co-fondatrice du réseau End FGM Canada), Alya Harding (Ambassadrice pour la jeunesse du réseau européen End FGM), Atashendartini Habsjah (Ending FGM Indonésie), Leyla Hussein (psychothérapeute), Mariya Taher (fondatrice de Sahiyo) et Maryam Sheikh Abdikadir (survivante et activiste anti-MGF).

Maryam, également membre de la CoP, a partagé sa douloureuse expérience de l’excision. Avec les autres intervenantes, elle a démontré l’importance de rejeter toute sorte de relativisme culturel concernant les MGF et de parler de la pratique comme étant une violence et une violation des droits humains.

 

« Je suis une survivante de MGF. J’ai été excisée à l’âge de 6 ans, je me souviens de tout, la douleur, les odeurs, les rires des exciseuses. Chaque fois que quelqu’un rabaisse la cause ou la remet en question, je retourne à cet endroit. Personne ne peut un jour l’oublier. Ca t’accompagne durant toute ta vie.

Maryam Sheikh Abdikadir

La santé mentale et le bien-être des survivantes ont également été abordés. Les intervenantes ont souligné l’importance que le mouvement anti-MGF soit mené par des survivantes, incluant à la fois les jeunes et les anciennes générations. Cependant, tout en laissant cet espace aux survivantes, nous ne devons pas oublier leurs expériences traumatiques et leur besoin de soutien. Se battre contre les MGF ne pourra jamais être une responsabilité pesant sur les épaules des survivantes.

La conférence  “FGM/C is our issue too: Voices from Asia” (« MGF/E est notre problème également : Voix d’Asie »)  a été organisée par le Asian Network to End FGM/C (Réseau asiatique pour mettre fin aux MGF/E), fondé par Arrow et le projet Orchidée afin de mettre en lumière la réalité des MGF au sein des communautés asiatiques.

Depuis longtemps, les MGF sont pensées comme étant une « pratique africaine ». Cependant, depuis que les données statistiques sont devenu de plus en plus accessibles, la compréhension de cette pratique en tant que préoccupation mondiale a augmenté.

Actuellement, seuls deux pays en Asie ont des données représentatives sur les MGF : l’Indonésie et les Maldives. Cependant, des documentations complémentaires suggèrent que les MGF sont présentes dans les communautés locales de 8 autres pays : la Thaïlande, les Philippines, la Malaisie, Singapour, l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh et le Sri Lanka. Ces données montrent de grandes variations en termes de taille des populations affectées et des formes de MGF pratiquées.

La conférence nous a permis d’accéder à une meilleure compréhension de la pratique des MGF dans certaines de ces communautés.

Les résultats clés d’une étude réalisée dans la région de Bangsamoro aux Philippines montre que beaucoup de personnes pensent encore que les MGF sont une pratique liée à l’Islam. Ils ne considèrent pas certains types de mutilations des organes génitaux féminins comme des MGF mais plutôt comme une “circoncision féminine”. Grâce à un nouveau programme dans la région, les MGF sont de plus en plus reconnues comme une pratique néfaste, aujourd’hui remplacée par des pratiques alternatives sans mutilation génitale.

En Malaisie, le type de MGF le plus couramment pratiqué est le type IV. Tout comme au Philippines, beaucoup de personnes croient encore que c’est une pratique religieuse. Avec le temps, les sages-femmes ont arrêté de pratiquer les MGF au profit des docteurs qui ont, eux, commencé à exciser.

En Indonésie, les sages-femmes pratiquent les MGF sur les nouveaux nées dans le cadre d’un « forfait » où les bébés ont les oreilles percées et sont excisées en même temps. Contrairement à certaines autres communautés, en Indonésie les MGF sont plus fréquentes dans les zones urbaines que dans les zones rurales.

En conclusion, les intervenant.e.s ont souligné le besoin de récolter des données en Asie , particulièrement au niveau local et régional, afin de mettre en place des programmes anti MGF efficaces. Travailler avec des associations locales est la clé pour créer un espace de débats et de prise de consciences au sein des communautés.

L’Union africaine, The Saleema Initiative, UNFPA et UN Women ont organisé une conférence sur la participation des filles dans la lutte contre les violences basées sur le genre et les autres pratiques néfastes telles que les MGF. La conférence s’intitule “Girls included : Ensuring the Effective Participation of Survivors of Harmful Practices in Decision-making Processes”(Inclusion des filles : Assurer la participation effective des survivants de pratiques néfastes aux processus de prise de décision ) . Les intervenant.e.s ont mis l’accent sur la jeunesse de la population africaine. L’Afrique a besoin des jeunes pour avancer. Quelques-unes des priorités clés pour une participation des jeunes en Afrique sont leur autonomisation, l’amélioration des infrastructures à l’intérieur des communautés rurales, en particulier pour l’accès au soin et à la justice, ainsi que d’assurer l’éducation des filles. Ce sujet est particulièrement important dans une Afrique post-Covid où beaucoup de filles ont été retirées de l’école.

 

 

 

Sahiyo et Storycenter ont co-hébergé un évènement intitulé « “Using Storytelling to Shift Social Norms and Prevent FGM/C”. ( Utiliser la narration pour faire évoluer les normes sociales et prévenir les MGF/E ).

Durant ce webinaire, ils et elles ont exploré les fondements théoriques du projet “Voix pour mettre fin aux MGF/E” en mettant en avant le succès des ateliers de narration numérique et la manière dont ce projet a soutenu les femmes survivantes dans leur processus de guérison. Cela a permis d’approfondir les efforts visant à empêcher les futures générations de filles de subir cette forme de violence basée sur le genre.

 

 

Soroptimist International et le Caucus nord-américain et européen de la CSW ont organisé une rencontre sur le thème « “Amplifying The Voices On Ending Female Genital Mutilation” (Donner de l’importance aux voix qui s’élèvent contre les mutilations génitales féminines) rassemblant des intervenant.e.s venus.es des Etats Unis, d’Europe et d’Afrique.

Vous pouvez trouver un résumé de l’évènement sur le site web de Soroptimist.

 

“La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines” fait partie du projet “Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF”, soutenu par le “Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF”.
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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