La reconversion des exciseuses ne constitue pas une stratégie à elle seule

Lors de ces échanges, un consensus général semble s’être dégagé au sein de la CoP MGF sur le fait que la reconversion des exciseuses n’est pas une stratégie qui peut fonctionner de façon isolée. En revanche, elle gagnerait en efficacité si elle faisait partie d’approches communautaires plus holistiques. En effet, les MGF constituent une problématique sociétale qui nécessite une approche multidimensionnelle dont les programmes ciblent tous les membres de la société. Il est essentiel de prendre en considération les structures de pouvoir complexes qui se cachent derrière cette pratique. Lorsque la reconversion des exciseuses vers des professions alternatives est inscrite dans cette approche globale, elle doit faire l’objet d’un suivi étroit pour s’assurer de son efficacité.

Selon Annemarie Middelburg, dont les recherches se sont axées sur le Sénégal, il est important de ne pas se limiter aux exciseuses : « Il est nécessaire de sensibiliser toutes les personnes d’une communauté, y compris les chefs (religieux), les filles, les femmes, les grands-mères, les garçons, les hommes, les exciseuses.eurs, etc. qui ont chacun un grand rôle à jouer. Nous ne devons pas nous concentrer uniquement sur eux, mais les considérer comme faisant partie d’un ensemble ».

Autonomiser et former les exciseuses pourrait les aider à abandonner les MGF, mais cette stratégie n’est pas suffisante à elle seule, elle doit être accompagnée de campagnes d’information sur les conséquences des MGF.

Le docteur Alpha Amadou Bano Barry a indiqué qu’une étude de cas en Guinée a démontré que des jeunes filles avaient été excisées par des femmes qui étaient auparavant présentées dans les médias comme ayant « abandonné le couteau ». En réalité, leur exposition médiatique les a rendues encore plus populaires, ce qui a engendré une augmentation de la demande. C’est la raison pour laquelle Barry a souligné que « cette stratégie de reconversion des exciseuses ne pourra avoir de réels effets que si elle s’accompagne de campagnes de sensibilisation à grande échelle, destinées à l’ensemble de la communauté ».

En effet, la reconversion des exciseuse est une étape cruciale en vue de l’abandon des MGF et les pratiquantes doivent être perçues comme des éléments d’une communauté confrontés aux mêmes problèmes que les autres membres, notamment la pauvreté.

“La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines” fait partie du projet “Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF”, soutenu par le “Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF”.
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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