Les MGF ne sont pas une pratique musulmane

Les MGF sont parfois, à tort, considérées comme une “pratique musulmane”, y compris par le grand public dans les communautés non pratiquantes comme pratiquantes. Il n’en demeure pas moins que les MGF, bien que pratiquées par certaines communautés musulmanes, sont également courantes dans les communautés chrétiennes ou animistes.

  • En Erythrée, 98% des femmes musulmanes ont subi une MGF, mais 88% des femmes catholiques l’ont elles aussi subie ainsi que 84% des femmes appartenant à d’autres communautés religieuses.
  • De même, au Mali, 89% des femmes musulmanes, 84% des femmes chrétiennes et 86% des femmes animistes ont subi cette pratique. (UNICEF, 2013)
  • Au Niger, en Tanzanie et au Nigéria, les mutilations génitales féminines sont plus répandues dans les communautés chrétiennes que dans tout autre groupe religieux
  • Au Niger, plus de 50% des filles et des femmes qui ont subi la pratique sont chrétiennes et les musulmanes ne représentent que quelques pour cent (UNICEF, 2013).
  • Au Burkina Faso, la religion n’est pas utilisée pour justifier la pratique des MGF, qui sont pratiquées dans toutes les religions. Certains leaders religieux sont membres du Comité National de lutte contre les MGF, à travers lequel ils se sont exprimés en faveur de l’abandon des MGF.

Qu’en pensent les membres ?

Il convient de noter que les informations proviennent de membres parfois en désaccord sur certains points (par exemple, des différences dans la manière de percevoir la circoncision masculine et son lien avec les MGF dans les scripts).

Les partisan.e.s des MGF utilisent un même hadith pour justifier la pratique au nom de la religion, selon lequel la circoncision est une “Sunna” (pratique facultative) chez les hommes, et une “Makrumah” (un acte de valeur/un honneur) chez les femmes. L’authenticité de ce hadith a été contestée, et il ne peut donc être utilisé pour justifier cette pratique au nom de l’Islam. De plus, le sens de ce hadith n’est pas celui que les tenants de l’excision lui en donne. Le sens n’est pas de couper les femmes. Cela signifie que la circoncision est une pratique optionnelle pour les hommes et que cela constitue un honneur pour les femmes d’être marié à un homme circoncis.

Si l’excision avait la même valeur que la circoncision masculine, le Prophète aurait fait exciser ses filles, épouses et petites filles au même titre qu’il a fait circoncire ses garçons. Or, il n’y a aucune preuve de femmes excisées dans la maison du Prophète. Les deux actes n’ont donc pas la même valeur. D’ailleurs, même la circoncision masculine n’est pas obligatoire dans l’Islam, c’est une sunna.

Il faut faire attention aux hadiths cités par certaines personnes pour justifier l’excision : 

  • Ceux provenant d’hommes nés des centaines d’années après la mort du Prophète et n’ayant pas de légitimité  
  • L’absence de preuves de ces conversations et de l’importance de ces personnes à leur époque ; 
  • Les traductions de l’arabe vers d’autres langues peuvent avoir pour conséquence une perte de sens et une mauvaise incompréhension.

L’Islam prohibe tout acte de nature à porter atteinte à l’intégrité physique d’une personne. Il est démontré que cette pratique est néfaste. Elle doit donc être abandonnée.

“La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines” fait partie du projet “Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF”, soutenu par le “Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF”.
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

Les opinions exprimées sur ce site web sont celles des auteur.e.s et ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle de l’UNFPA, de l’UNICEF ou de toute autre agence ou organisation.

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