Les MGF ne sont exigées par aucune des doctrines fondatrices des grandes religions monothéistes

Les MGF sont pratiquées dans diverses régions du monde : Afrique (e.g. Egypte, Mali, Guinée) mais aussi Asie (e.g. Indonésie, Malaisie), Moyen-Orient (e.g. Irak, Iran), Amérique latine (Colombie, Pérou), Europe. Elles sont pratiquées par diverses communautés, religieuses ou non.

Bien que les MGF soient pratiquées par des communautés chrétiennes (e.g. Gambie, Burkina Faso, Sierra Leone, Erythrée) musulmanes (e.g Indonésie, Djibouti), ainsi qu’historiquement par une communauté juive d’Ethiopie (Falashas), la pratique n’est en réalité imposée par aucune religion, monothéiste ou non.

Religion chrétienne

Les MGF ne sont pas évoquées et encore moins recommandées dans la Bible. Elles sont en contradiction fondamentale avec le principe chrétien du respect dû au corps humain, pensé comme sacré. (El-Damanhoury I., 2013) 

Les partisans des MGF utilisent parfois la genèse 17 :10-14 pour justifier la pratique, selon lequel Dieu aurait ordonné à Abraham de circoncire chaque enfant de son ménage dans sa maison. Sauf qu’il n’a jamais mentionné les femmes (Christianize). Certains chrétiens expliquent que la circoncision serait biblique car présent dans la Bible. Un professeur de théologie a réfuté cela : la Bible n’exige pas que les femmes soient excisées (Offiong A. V., 2018).

Religion juive

Les MGF ne sont mentionnées ni dans la Torah, ni dans toute autre source faisant office de loi judaïque. Elles relèvent dès lors d’une mutilation du corps humain, une pratique interdite par les préceptes juifs. (El-Damanhoury I., 2013)

Religion musulmane

Aujourd’hui l’islam est la religion la plus communément associée à la pratique des MGF, et est fréquemment utilisée pour la justifier. Il a pu être observé que le respect de la loi islamique devenait même parfois le premier motif de la pratique, et pourtant :

> Les MGF ne peuvent être définies comme acte « islamique » au vu des quatre grandes sources qui fondent les obligations islamiques (Lethome Asmani I, Sheikh Abdi M., 2008 ) :

Quran -> les MGF ne sont aucunement présentes dans le texte.

Sunna -> les Hadiths qui ont pu être utilisés pour justifier les MGF ont été dénoncés comme inauthentiques (Lethome Asmani I, Sheikh Abdi M., 2008 ). De plus, il n’y a pas de preuve que les propres filles du Prophète ou celles de ses compagnons aient été excisées. Ot, il apparaît que le Prophète n’ordonnerait pas une chose qu’il n’appliquerait pas lui-même.

Ijma’a -> il n’existe pas de consensus entre les érudits musulmans et les grandes écoles de pensée sur les MGF. Elles ne peuvent donc être pratiquées au nom d’un consensus global des érudits sur la question.

Qiyas -> Certains partisans des MGF arguent qu’elles seraient l’équivalent féminin de la circoncision masculine et que pourraient donc s’y appliquer les mêmes règles de jurisprudence islamique au nom du principe de qiyas. A l’inverse, bien d’autres religieux soulignent que les MGF ne sont pas similaires à la circoncision masculine et ne peuvent donc être soumises aux mêmes injonctions et affirmations religieuses

> Deux constats s’imposent alors. Tout d’abord, les MGF ne sont ainsi pas un acte exigé par l’islam. Mais plus encore, elles sont en contradiction avec des commandements, cette fois bien reconnus par les sources de droit islamique : ne pas faire du mal, ne pas changer la création d’Allah, ne pas punir un.e innocent.e (là où les MGF servent à anticiper la ‘faute’ – relations sexuelles avant ou hors du mariage- chez de petites filles). Elles sont aussi contraires aux droits humains reconnus par l’islam : le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique, le droit au plaisir sexuel dans le mariage pour une femme. (Lethome Asmani I, Sheikh Abdi M., 2008 )

Les MGF ne sont donc exigées par aucune des trois religions monothéistes. Elles ont d’ailleurs été observées avant l’avènement de ces grandes religions, et sont également pratiquées par des communautés animistes.

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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