Les lignes directrices pour la conduite d’un Rite de Passage Alternatif

En juillet 2018 le Bureau anti-FGM et le ministère kenyan des services publics, de la jeunesse et affaires de genre publient des lignes directrices pour la conduite d’un Rite de Passage Alternatif. L’objectif est d’harmoniser et améliorer les RPA menés au Kenya en définissant la procédure à suivre et en donnant des conseils afin d’assurer le succès du RPA. Nous allons souligner quelques aspects saillants mis en avant dans les lignes directrices.

Elles mettent tout d’abord en avant l’importance de compter avec la participation de la communauté (1er principe directeur : les RPA doivent être menés par la communauté) et adopter une approche sensible à la culture (3e principe directeur : ARPs doivent être respectueux de la culture). En ce sens, la mise en place des RPA nécessite la participation des membres de la communauté dès le début du processus. Le guide avance que “la formation de facilitateurs pour els RPA” et la réalisation d’un “mapping des relais dans la communauté” sont des éléments essentiels à l’organisation d’un RPA. Toute l’organisation doit s’effectuer avec les membres de la communauté afin de faciliter leur participation et améliorer leur sentiment de sécurité. Enfin, la mise en place d’un ARP nécessite “d’avoir une bonne porte d’entrée dans la communauté où l’équipe organisatrice peut présenter le concept aux gardiens de la culture et aux leaders de la communauté pour obtenir leur collaboration .”

Les lignes directrices s’intéressent aussi au déroulé de la cérémonie dans laquelle il est évidemment nécessaire que toute la communauté participe. Quelques points clés ont ainsi été identifiés. Il est, par exemple, recommandé de prêter attention au langage utilisé et de privilégier l’usage de la langue locale. Une équipe organisatrice composée de membres de la communauté est nécessaire à la mobilisation de toute la communauté et à la conduite des activités en parallèle du RPA. “Un RPA organisé par la communauté n’est autre qu’une confirmation publique par la communauté concernée de sa disposition à abandonner les MGF. Il est important d’avoir, dans la conduite du RPA, des garçons et des filles qui participent à la cérémonie.” Quelques éléments devant figurer dans la cérémonie sont aussi listés : recours à un symbole, inclusion de la tradition, déclaration publique contre les MGF, bénédiction et diplômes pour les filles y participant.

Enfin, un chapitre est spécifiquement dédié à la question du contrôle et de l’évaluation des mesures. Il donne des indications très claires et propose des grilles à suivre pour procédé à ce monitoring. La présence d’un tel chapitre permet de souligner l’importance de la collecte des données, manquant cruellement pour évaluer l’efficacité des RPA actuellement, mais nécessaire à améliorer le succès, la qualité et l’adaptation à chaque communauté des RPA.

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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