Qu’est-ce que l'intégration systématique ?

Nous entendons par l’intégration systématique des MGF, ou “Mainstreaming”, le fait d’aborder les MGF dans des programmes plus larges tels que la santé et les droits sexuels et reproductifs, les violences basées sur le genre, les droits humains et les droits des femmes, ainsi que dans des secteurs différents – tels que l’éducation, l’asile, la santé, la recherche, l’application de la loi, la protection de l’enfance.

Il est largement admis que l’intégration systématique des MGF est la clé pour mettre fin à la pratique et pour assurer que toutes les femmes et filles bénéficient d’une prise en charge adaptée et adéquate par les services existants. Certaines données montrent que les professionnel.le.s peuvent jouer un rôle majeur dans la protection, la prévention et la prise en charge des filles et femmes vivant avec ou étant à risque de MGF et que les initiatives ont généralement plus de succès si elles sont intégrées dans des programmes plus larges ou des services déjà existants.

En Afrique, par exemple, l’engagement des professionnel.le.s de santé est une des clés pour faire face à la médicalisation, alors qu’en Europe le travail dans le secteur de l’asile a démontré son efficacité à toucher les femmes concernées et promouvoir l’abandon des MGF.

Il est également nécessaire de mettre davantage l’accent sur les besoins des filles et des femmes concernées par les MGF et de traiter le sujet en tant que violence basée sur le genre, faisant partie du continuum de violences envers les femmes.

Selon le rapport d’analyse de performance de la phase II du programme conjoint UNICEF/UNFPA (UNFPA-UNICEF, 2018) :

“les personnes sont plus susceptibles d’être réceptives à des messages provenant de membres respectés de la communauté tels que les sages-femmes et les enseignants qu’à ceux partagés par des étrangers. De plus, les femmes et les filles qui ont subi une MGF ont besoin d’un accès rapide à des services – tels que des services de soins de santé et de soutien psychosocial – disponibles pour faire face aux conséquences physiques, émotionnelles et psychologiques de la pratique”.

Plusieurs autres institutions internationales, tels que l’ONU Femmes et l’Union européenne reconnaissent également l’importance d’une intégration systématique des MGF (“mainstreaming FGM”) dans différents secteurs afin de mettre fin à la pratique.

Il en va de même pour la société civile. Le réseau européen End FGM, par exemple, a publié un document promouvant l’approche conduisant à “bâtir des ponts” comme stratégie pour mettre fin aux MGF. L’une de leurs recommandations principales est d’investir dans la sensibilisation et la formation des fonctionnaires et des professionnel.le.s de secteurs divers sur les questions liées aux MGF.

“La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines” fait partie du projet “Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF”, soutenu par le “Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF”.
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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