Revue de presse

Nita Bhalla, “Kenyan chiefs go door-to-door to stop female genital cutting amid coronavirus”, Thomson Reuters Foundation, April 21th, 2020

Après qu’aient été reportés des cas de familles profitant de la fermeture des écoles pour exciser leurs filles, des chefs de village ont décidé de “réaliser des contrôles au porte-à-porte”. Des risques de MGF ayant été détectés dans la région Samburu, des militants anti-MGF ont appelé à rester vigilants y compris dans cette période de pandémie. En conséquence, “les autorités ont déployé des chefs de village et des travailleurs des communautés pour visiter les foyers ruraux et reporter les cas de filles à risque.” Les stations de radio locales sont aussi utilisées par les militants anti-MGF pour atteindre les villages dans les régions Samburu, Isiolo, Marsabit.

En cette période d’isolation et de distanciation sociale, les difficultés économiques s’accroissent. Pour atténuer le fardeau économique familial, une hausse des mariages des enfants et donc de la pratique des MGF (prérequis au mariage) est à attendre.

“Il nous est reporté bien plus de cas de violences basées sur le genre, des MGF aux mariages d’enfants en passant par une multitude de violences domestiques qui s’expliquent par le fait que les femmes et les filles sont bloquées à l’intérieur”, a expliqué Felister Gitonga, chargée de programme à Equality Now.

De plus, bien que le Bureau anti-MGF reste vigilant et mobilisé, l’aide de la police et des autorités est nécessaire pour enregistrer les cas et atteindre davantage de personne plus directement en ces temps de confinement. Les forces de police sont, cependant, déjà bien occupées à faire respecter les règles exceptionnelles destinées à contenir l’épidémie de COVID-19 et peuvent difficilement apporter leur soutien aux militants anti-MGF.

Revue de presse, Newsletter de l’UNICEF : “COVID-19 et pratiques néfastes, résumé bi-hebdomaire (2 Juin 2020)”

Les dernières nouvelles sur les conséquences de la COVID-19 sur les droits des femmes et des enfants ne sont pas très optimistes. Les mesures de confinement, les épreuves économiques, la fermeture des écoles ont placé les femmes, enfants et surtout les filles plus à risque de connaître des situations de violence, de mariage forcé précoce, de travail des enfants et menacent leur scolarisation. Une revue de presse à partir d’articles et rapports répertoriés dans la Newsletter du FNUPA permet de mieux qualifier et détailler la situation et enjeux actuels. 

L’ONU Femmes analyse l’ “impact de la COVID-19 sur les violences faites aux femmes et aux filles et la provision de services” (accessible ici en anglais). Y est mentionné le manque de données, difficiles à collecter, et souvent fournissant des sous-estimations eu égard aux difficultés de report des femmes, ne demandant pas d’aide ou étant trop isolées pour le faire. Il n’en demeure pas moins qu’une hausse générale d’appels vers les  lignes d’urgences a été relevée mondialement ainsi que dans le report de cas de violences dans les centres d’aide de nombreux pays. Beaucoup de services prenant en charge les femmes et filles victimes de violence et dédiés à la santé sexuelle et reproductive travaillant, au moins partiellement, à distance, les femmes n’y ont plus qu’un accès restreint et peinent aussi parfois à obtenir les informations nécessaires. Elles se retrouvent alors plus à risque de rester sans protection ni soins adaptés. Les services eux-mêmes souffrent d’un manque de ressources – financières comme humaines – à mesure qu’elles sont redirigées pour gérer la pandémie et voient donc leur fonctionnement et continuité entravés.

Pour en apprendre plus, trois autres rapports (en anglais) sur le sujet :

  • UN Women, IDLO, UNDP, UNODC, World Bank and The Pathfinders. “Justice for Women Amidst COVID-19.” New York, 2020. Access here (summary here)
  • CARE International, Rapid Gender Analysis – COVID-19 : West Africa – April 2020, May 20, 2020. Access here
  • Julia Hussein (2020): COVID-19: What implications for sexual and reproductive health and rights globally?, Sexual and Reproductive Health Matters. Access here

Le 18 mai 2020, Plan International attire l’attention sur la hausse des MGF et mariages précoces en Somalie. Selon Sadia Allin, chef de mission à Plan International Somalie, “le confinement est vu comme une opportunité pour pratiquer la procédure à la maison en offrant davantage de temps pour récupérer”. De plus, avec l’aggravation des difficultés économiques, les exciseur.se.s cherchent plus activement des familles souhaitant faire exciser leurs filles “et font du porte-à-porte pour exciser les filles.” (Sadia Allin)

L’information a été partagée par plusieurs journaux, pour en savoir plus voici quelques articles :

  • Isabelle Mourgere, « Confinement et après COVID-19 : le risque d’excision en hausse, les associations donnent l’alerte », TV5 Monde, 04 juin 2020. Accessible ici
  • Clément Arbrun, « En Somalie, les excisions sur les fillettes ont augmenté pendant le confinement », Terra Femina, 22 mai 2020
  • The original statement by Plan International here
  • Emma Batha, Somalia sees “massive” rise in FGM during lockdown, Brinkwire, May 30, 2020. Access here
  • Farzana Hassan, HASSAN: COVID-19 brings FGM increase to Africa, The Toronto Sun, May 21, 2020. Access here
  • Lerato Mogoatlhe, COVID-19 Lockdowns in Somalia Are Putting More Girls in Danger of Child Marriage and FGM, in Global Citizen, May 27, 2020. Access here
  • Danielle Wallace, Somalia sees ‘massive’ uptick in female genital mutilation during coronavirus lockdown, Fox News, May 20, 2020. Access here

Dans The Guardian, Harriet Grant dresse les grandes lignes de la situation en Tanzanie et au Sahel où la fermeture des écoles réduit la protection des filles face aux MGF et mariage. Tout d’abord, elle menace les efforts et progrès réalisés ces dernières années pour améliorer la scolarisation des filles. En effet, nombre d’entre elles rencontrent des difficultés pour poursuivre à distance leur scolarité et risquent de ne jamais retourner à l’école. En Tanzanie, les écoles constituaient des espaces protecteurs et sûrs pour les filles. Selon Terre des Hommes, avec leur fermeture, beaucoup de filles protégées durant la saison de l’excision ont finalement été excisées durant le confinement. Les familles ne craignent pas les condamnations : “Nous avons rencontré une mère emprisonnée un an après avoir pratiqué une MGF mais elle était satisfaite. Elle est enfermée mais sa fille est excisée.” Par ailleurs, dans la région du Sahel, où le mariage précoce est fréquent, l’école secondaire permet de retarder la pratique mais n’est maintenant plus capable de protéger les filles à risque. Enfin, Eric Hazard de Save the Children Afrique a alerté sur le risque actuel de grossesses indésirées, violences et abus sexuels de jeunes filles comme cela a pu être observé durant l’épidémie d’Ebola.

  • UNFPA, “Millions more cases of violence, child marriage, female genital mutilation, unintended pregnancy expected due to the COVID-19 pandemic”, April 28, 2020. Access here
  • Harriet Grant, Many girls have been cut’: how global school closures left children at risk, The Guardian, June 01, 2020. Access here
  • Sabdio Darso, What is the effect of COVID-19 on girls’ education?, for Mercy Corps, May 20, 2020. Access here
  • Farzana Hassan, HASSAN: COVID-19 brings FGM increase to Africa, The Toronto Sun, May 21, 2020. Access here
  • Time Hum, Desperate Families in Yemen Are Resorting to Child Marriage and Labor as Coronavirus Spreads, Vice, May 26, 2020. Access here
  • Lerato Mogoatlhe, ‘4 Critical Humanitarian Issues That African Countries Should Not Forget as They Fight COVID-19’, in Global Citizen, May 20, 2020. Access here
  • Leah Rodriguez, COVID-19 Puts Girls at Risk of Unplanned Pregnancies, Violence, and Missing Out on School: Report, in Global Citizen, May 19, 2020. Access here
  • Emma Smith, Many girls won’t go back to school when lockdown is over, Devex, May 27, 2020. Access here
  • Hanna Summers, UK behind Yemen and Sudan in global index of children’s rights, report finds, The Guardian, May 26, 2020. Access here
  • Sadhika Tiwari, Ongoing Crisis May Push Adolescent Girls Into Early Marriage Or Work, IndiaSpend, June 1, 2020. Access here

Selon le FNUPA, le nombre de filles excisées cette année devrait être supérieur à 2 millions par rapport aux prévisions habituels en raison de la pandémie et des mesures de confinement. Les mariages d’enfants augmenteraient également jusqu’à atteindre 13 millions de plus que prévu en 2030. 

Pour en apprendre davantage sur les conséquences de la fermeture des écoles sur les mariage et grossesses précoces, les MGF et la scolarisation des filles :

Enfin, des solutions et recommandations ont été avancées de la part d’organisations et membres de la société civile, d’ONG et d’institutions internationales. Girls not Brides a notamment écrit une lettre ouverte à l’Union Africaine avec des recommandations destinées à atténuer les effets de la COVID-19 sur l’éducation des filles et leurs vulnérabilités. La 5e enjoint par exemple à assurer un accès pour tou.te.s à une éducation sexuelle adaptée et aux services de santé sexuelle et reproductive afin de diminuer les risques de violences basées sur le genre. La 6e encourage à “former les éducateur.rice.s à reconnaître et prévenir la violence” et le 8e à encourager les filles à retourner à l’école en supprimant les obstacles entravant leur accès.

Ressources utiles sur le sujet :

  • Girls not Brides, “Joint letter to the African Union: the impact of Covid-19 on girls’ education and child marriage”, April 30, 2020 (letter sent on April 20, 2020 & co-signed by five organisations). Access here
  • UN Women, IDLO, UNDP, UNODC, World Bank and The Pathfinders. “Justice for Women Amidst COVID-19.” New York, 2020. Access here (summary here)
  • UN Women East and Southern Africa, “COVID-19: ending violence against women and girls – key priorities and interventions for effective response and recovery (Policy Brief)”, May 20, 2020. Access here
  • UN Women, Ending Violence Against Women Briefs. Access here

Pour conclure, les nouveaux enjeux ou les existants accentués par la COVID-19 placent les femmes et les filles davantage à risque de connaître des violations de leurs droits, de la violence et de voir leurs opportunités réduites. Les mesures de distanciation sociale et réduction de mouvement enjoignent les ONG, OSC, services sociaux et de santé, Etats et institutions internationales à améliorer leur coordination et à apprendre de leurs travaux respectifs. Des solutions innovantes sont mises en place, de nouveaux moyens de communication sont développés et les contacts entre acteurs autour du globe sont renforcés. Il est essentiel de poursuivre en ce sens pour répondre au mieux et au plus vite aux besoins des filles et femmes et continuer à les protéger.

Egypte : Un vaccin contre le coronavirus utilisé comme excuse pour exciser trois filles

En Egypte, un père de trois filles mineures leur a présenté comme un vaccin contre le coronavirus ce qui était en fait un anesthésiant général destiné à les endormir le temps de les exciser. Alertée par ses filles de l’évènement, la mère l’a alors reporté aux autorités. A charge du père et du médecin ayant pratiqué la MGF a été retenu la nécessité de tenir “une procédure pénale urgente”. Les enquêteurs ont rapporté que les filles “ont perdu conscience et lorsqu’elles se sont réveillées, elles étaient choquées de voir leurs jambes attachées ensemble et de ressentir de la douleur au niveau de leurs parties génitales. ” En Egypte, 87% des femmes et filles âgées de 15 à 49ans ont subi une MGF mais aucun cas n’a été poursuivi avec succès depuis l’interdiction légale de la pratique en 2016. Néanmoins, des militant.e.s pour les droits des femmes voient dans les réactions rapides des filles, de leur mère et des autorités un signe que la société a davantage conscience des dangers relatifs à la procédure et d’une volonté de changement. 

Articles sur le sujet (en anglais):

  • Zoe Tidman, “Egyptian father ‘used coronavirus lie’ to trick daughters into FGM”, The Independent, 06 June 2020 (Access here)
  • “Egyptian girls ‘tricked into FGM’ with COVID-19 vaccine”, Al Jazeera, 5 June 2020 (Access here)

Alice Cachia, “Egyptian doctor ‘performs FGM on three unconscious sisters after their father tricked them by saying the medic was just there to inject a COVID-19 vaccine’”, Daily Mail, 4 June 2020 (Access here)

Amanda Cameron, “Fears raised over child abuse and NHS delays in coronavirus lockdown”, Bristol Post, 04 June 2020 (Access here)

Des élus locaux de Bristol, en Angleterre, ont fait part de leur inquiétude concernant des reports dans les soins de santé, une exposition disproportionnée des noirs, asiatiques et minorité ethnique (Black, Asian and minority ethnic (BAME)) au COVID-19 et une vulnérabilité accrue des enfants. Avec les mesures de confinement, et des séjours prolongés à domicile, ils sont davantage à risque de subir des abus sexuels et des violences. Un potentiel risque de MGF a aussi été soulevé.

Rupa Shenoy, “Despite recent historic gains in ending FGM, Somalia sees dramatic increase”, The World, June 03, 2020 (Access here)

En Somalie, le signalement des cas de MGF ont augmenté avec la pandémie de la COVID-19 et les exciseur.se.s font même du porte-à-porte pour proposer aux parents d’exciser leurs filles. Au Soudan, la récente adoption d’une loi criminalisant les MGF comporte son lot d’interrogations sur son application réelle et effective ainsi que sur la façon dont elle le sera. Des militant.e.s craignent que la loi ne soit utilisée pour ne criminaliser que les femmes les pratiquant sans que ne soit reconnue l’implication des hommes. Selon elles.eux, l’enjeu réside avant tout dans le statut inégal des femmes. “Les droits citoyens des femmes sont dans une situation hautement misérable”, selon Hala al-Karib, l’Initiative Stratégique pour les Femmes dans la Corne de l’Afrique. 

Geoffroy Ondieki, “Kenya: ‘I Am in Pain’, Cries Samburu FGM Victim”, Daily Nation, June 02, 2020 (Access here)

Les filles révèlent avoir été excisées sans aucune possibilité de fuir eu égard à leur confinement, isolement et aux restrictions de mobilité, après que leurs parents aient conclu un accord de mariage les concernant. D’autres rencontrent des obstacles financiers lorsqu’elles tentent de demander de l’aide médicale pour traiter les complications de leur MGF. “De nouvelles stratégies, le manque de forums de sensibilisation et la fermeture des centres de secours en raison de la menace du coronavirus ont exposé davantage de filles aux MGF.” Les parents profitent de la situation pour marier les filles afin de mieux faire face aux difficultés économiques. Avec l’arrêt des activités de terrain et surtout des forums de sensibilisations, prévenir les nouveaux cas de MGF devient plus difficile et il faut s’attendre à ce qu’il y ait t une hausse des cas.

Kenya : Manque de mesures de protection, d’espaces sûrs pour les filles à risque de MGF et hausse des cas de MGF

Des rapports témoignent d’ “excisions de masse” impliquant des centaines de filles au Kenya. Depuis la fermeture des écoles le 16 mars, pas moins de 500 cas de MGF ont été rapporté dans la région du West Pokot. “Les parents font face à un futur incertain en raison de la perte de revenus entraîné par le coronavirus, ils décident donc d’exciser leurs filles et de les marier” avance Domtila Chesang, fondatrice de I-Am Responsible Foundation. Elle raconte que la fondation reçoit des appels quotidiens de filles demandant de l’aide. Le Bureau Anti-MGF, une agence gouvernementale semi-autonome, reconnaît enregistrer une hausse dans les cas de MGF. Il avance que des arrestations ont eu lieu, une équipe a été créée pour identifier les filles à risque de MGF, et une équipe a été mobilisée pour enquêter sur les excisions de masse. La région du West Pokot étant à la frontière avec l’Ouganda, les MGF trans-frontalières constituent aussi un problème. L’adoption d’une approche commune mettant en lien diverses parties prenantes est en cours de discussion au Bureau anti-MGF pour prévenir les excisions de masse. Il n’est pas prévu que les écoles rouvrent avant septembre et les militant.e.s craignent que de nombreuses filles ne retournent pas à l’école après la pandémie avec la hausse des grossesses adolescentes et mariages précoces.

  • Nita Bhalla, “Coronavirus threatens Kenya goal to end female genital mutilation by 2022”, Thomson Reuters Foundation, June 09, 2020 (Access here)
  • Kamau Maichuhie, “West Pokot records dramatic rise in FGM cases”, Daily Nation, June 11, 2020 ( Access here)
  • “FGM, GBV on the rise in Kenya amid COVID-19 pandemic”, Kenya’s Watching, June 15, 2020 (Access here)

IV. Graham, “Better hell than going back home – Baringo FGM escapees”, The Star, June 10, 2020 (Access here)

82 filles âgées de 8 à 14 ans ont fui leur foyer où leurs parents souhaitaient qu’elles soient excisées et mariées. Elles signalent avoir été confrontées à des menaces de mort de la part de leur père pour avoir refusé de subir une MGF. Quand la fermeture des écoles a été annoncée, huit filles fréquentant l’école primaire Tangulbei à Tiaty ont refusé de rentrer chez elles. Elles préféraient rester confinées dans l’école pour être protégées de leurs parents qui souhaitaient qu’elles soient excisées. Kuket, professeure et présidente du Tangulbei Women’s Network, souligne que le gouvernement n’a pas mis en place des centres de secours pour les filles fuyant leur maison pour échapper aux MGF. Après la fermeture des écoles, toutes les filles ont été renvoyées chez elles avec la promesse de leurs parents de prendre soin d’elles et de ne pas les exciser mais sans aucun moyen de s’assurer qu’ils tiennent parole. “Les leaders locaux font face à de nombreuses menaces lorsqu’ils tentent d’arrêter les perpétrateurs”, avance Kuket. Certains politicien.ne.s ont même avoué craindre de prendre position de peur de perdre des votes.

“New female genital mutilation victims identified in Southampton”, Southern Daily Echo, June 15, 2020 (Access here)

“Environ 10 victimes de MGF ont été reçues par les services de santé du groupe clinique responsable à Southampton (Angleterre) entre janvier et mars”. Au moins l’une d’entre elles était reçue par les services de santé pour la première fois pour ce motif. Deux motifs d’inquiétude ont été mis en avant par le président du Centre National des MGF. Tout d’abord, les enfants et adolescent.e.s restant davantage chez eux, ils sont moins en contact avec les services pouvant écouter leurs inquiétudes. Ensuite, avec la diminution des visites médicales et la question des MGF n’étant pas soulevée, les filles et femmes ayant subi une MGF se retranchent dans le silence sans moyens de demander du soutien. Durant cette période de pandémie, les femmes ont moins recours à des services d’aide et ont dû faire face à de nouvelles épreuves économiques.

Kate Hodal, “Why coronavirus has placed millions more girls at risk of FGM”, The Guardian, June 16, 2020 (Access here)

La fermeture des écoles a laissé les filles sans protection et plus à risque de subir une MGF. De plus, la COVID-19 n’apporte rien de plus que de la confusion et des incertitudes quant à l’après. A mesure que la population fait face à de nouvelles épreuves économiques et ne voit pas d’espoir d’amélioration ni de possibilité de retourner à l’école, elle y répond en mariant les filles et donc en pratiquant des MGF. Au Kenya, la militante anti-MGF Domtila Chesang note que le nombre de poursuites pour cause de MGF n’a jamais été aussi élevé. En Somalie, le FNUAP estime que 290 000 filles vont être excisées cette année et nombre d’entre elles seront infibulées. A Mogadishu, les hôpitaux privés ont été fermés en raison de la COVID-19 et les parents craignent de se rendre à l’hôpital à cause de la pandémie. “Les MGF paraissent emprunter des tendances inquiétantes, notamment en servant d’expérience ‘sociale’ pour les familles pour se rencontrer durant le confinement.” En effet, les filles de familles voisines sont excisées ensemble en même temps, les familles profitant de la présence d’un.e exciseur.se traditionnel.le. En Egypte aussi, “sous couvert du coronavirus, de nombreux abus contre les femmes sont observés, que ce soient des MGF comme des violences domestiques”, avance Reem Abdellatif, un militant anti-MGF et journaliste américano-égyptien. Les familles tentent de trouver une forme de stabilité sociale et financière en cette période difficile en mariant leurs filles et en les excisant pour ainsi faire. Une femme égyptienne de 32ans vivant aujourd’hui aux Pays-Bas rapporte faire l’objet de pressions de sa mère pour être excisée et se marier afin de lui assurer une forme de sécurité. “Ainsi, vous pouvez maintenant imaginer les menaces que doivent affronter des millions de filles vivant dans les bidonvilles et villages d’Egypte avec peu, voire pas, d’espoir de fuite”, dit-elle.

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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