Outil de calcul des coûts des MGF de l’OMS

Le 6 février 2020 – journée internationale contre les MGF – a été présenté pour la première fois, à Bruxelles, l’outil développé par l’OMS pour calculer les coûts liés aux MGF. Il est disponible ici : https://srhr.org/fgmcost/cost-calculator/

La calculatrice des coûts des MGF de l’OMS évalue les coûts actuels et futurs en matière de soins associés aux MGF dans les pays sélectionnés, ainsi que les potentielles économies pour les systèmes de santé permises par la réduction des MGF.

27 pays, tous en Afrique, ont été étudiés et sont actuellement proposés à la comparaison. Le faible taux de prévalence ou le manque de données n’a pas permis d’inclure, pour le moment, davantage de pays (comme l’Indonésie, l’Ouganda ou le Liberia). En effet, il apparaît difficile de noter un réel impact économique des MGF, et en conséquence une évolution des coûts, lorsque le taux de prévalence est inférieur à 10%. Seuls deux pays, le Bénin et le Cameroun, enregistrant un taux de prévalence inférieur à 10% ont ainsi été inclus.

Les MGF représentent aujourd’hui une charge financière de 1,44 milliards de dollars (US) chaque année. Si le taux de prévalence reste inchangé, on peut s’attendre à une hausse de 50% de cette somme dans les 30 années à venir. A l’inverse, l’abandon de la pratique nous conduirait à une économie de 60% dans les 30ans.

Selon Christina Pallitto, derrière cette initiative de l’OMS, se cache la volonté de montrer que les ‘MGF constituent une charge financière pour les pays’’ mais aussi pour les femmes et la société dans son ensemble. Les données permettent de souligner que les MGF sont, à la fois, un enjeu de santé publique et économique. Elles ambitionnent, ainsi, d’inciter les gouvernements à agir et soutenir le travail déjà fait pour en finir avec les MGF. L’outil n’a aucunement l’objectif de donner des solutions pour éradiquer les MGF mais seulement d’être un instrument de prévention et sensibilisation utile pour attirer l’attention sur les MGF.

En d’autres termes, l’outil évalue et compare les coûts de l’inaction (‘‘business as usual’’) aux économies réalisées grâce aux campagnes de prévention et à la baisse du taux de prévalence.

4 catégories de coûts sont incluses :

  1. Immédiats
  2. Obstétriques
  3. Psychologiques / sexuels
  4. Urologiques et gynécologiques

Ils sont évalués en prenant en compte les coûts des complications médicales nécessitant l’achat de produits de santé, des consultations médicales ou des séjours prolongés à l’hôpital, etc. Pour le moment, les données disponibles ne permettent pas de majoration par les coûts sociaux tel que les jours d’absence à l’école pour les filles ou les difficultés d’insertion sur le marché du travail des femmes par exemple.

Enfin, un filtre permet de sélectionner le pourcentage de diminution des MGF souhaité allant de 0 (inchangé) à 1 (abandon complet) et de comparer les économies réalisées selon le taux de prévalence.

Les paramètres indiquent aussi le taux de prévalence des MGF de type I/II et de type III dans le pays sélectionné

Il n’en demeure pas moins que les coûts sont calculés de façon générale. L’outil ne permet pas de changer les taux de prévalence selon le type, soit de montrer ce qu’il adviendrait si une société donnée basculait des MGF de type III à type I. L’OMS, partisan de la ligne stratégique selon laquelle tous types de MGF est une violation des droits humains des filles et des femmes, a fait délibérément ce choix afin de ne pas donner de grain à moudre aux discours arguant que la pratique de MGF moins invasives serait une ‘‘stratégie de réduction des risques’’ et des coûts acceptables.

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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