Chirurgies et procédures génitales esthétiques

Les chirurgies et procédures génitales esthétiques comprennent une grande variété de pratiques réalisées pour des raisons esthétiques ou sexuelles, notamment la labioplastie (chirurgies des lèvres intérieures), l’agrandissement ou la réduction des grandes lèvres, le blanchiment génital, les injections du point G, l’hyménoplastie (reconstruction de l’hymen), le rajeunissement vaginal au laser, la réduction du capuchon du clitoris, etc. Contrairement aux communautés pratiquant l’élongation des lèvres, la norme sociale en vigueur en Europe et dans d’autres sociétés occidentales est celle de vulves plus petites avec des lèvres moins saillantes. Ainsi, certaines femmes européennes et américaines choisissent de se soumettre à des chirurgies génitales esthétiques afin de réduire la taille de leurs lèvres, allant même parfois jusqu’à les faire s’approcher de lèvres pré-pubères. Ces types de chirurgies génitales esthétiques sont parfois appelés “designer vaginas” (Mandal, 2018, Thomas, 2018).

La chirurgie esthétique génitale est légalement acceptée dans de nombreux pays. Cependant, certain.e.s expert.e.s ont fait valoir que ces formes de chirurgie plastique peuvent être comparées aux mutilations génitales de différentes manières. Elles sont, effectivement, généralement pratiquées pour des raisons non-médicales, peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé et les femmes ont tendance à les pratiquer sous l’effet de la pression sociale prônant un modèle de “vulve idéale” duquel il faut s’approcher, ou de l’obligation d’être vierge avant le mariage (dans le cas de réparations d’hymen).

MGF, consentement et chirurgies esthétiques génitales (contributions des membres)

Il a été noté, lors de la discussion, une augmentation du nombre de femmes adultes recourant à une chirurgie esthétique génitale, pouvant être comparée à des MGF de type IV et parfois de type I. 

Anne-Marie Middelburg a rapporté avoir été invitée à parler lors d’une conférence organisée par des chirurgiens plasticiens et des gynécologues en Allemagne. Dans le programme était inclus le visionage en direct de six séances de chirurgie plastique. L’audience a ainsi assisté à une réduction du prépuce du clitoris, un resserrement du vagin et quelques réductions des lèvres. Pendant que le chirurgien opérait ces femmes, le public pouvait suivre l’opération en direct sur de grands écrans et pouvait même lui poser des questions. 

“Les MGF de toutes sortes, y compris de type IV, sont considérées comme une violation des droits humains et sont criminalisées. Même le ‘pricking’ est considéré comme une MGF. Mais ces types d’opérations génitales (dont certaines étaient assez graves) ne sont pas considérées comme une violation des droits humains, ne sont pas criminalisées et se produisent à grande échelle”.

Certaines femmes au Libéria, en Sierra Leone, en Gambie et au Kenya font d’ailleurs campagne en faveur des MGF chez les adultes. Selon elles, une fois qu’une fille a plus de 18 ans, elle devrait avoir le droit de subir (une forme “légère”) de MGF.

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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