Au Sierra Leone : abandonner les MGF pour faire des économies

‘‘Cherchant à faire des économies, un village du Sierra Leone abandonne la pratique des MGF’’, tel est l’objet d’un article de Nellie Peyton développant le cas du village de Thawuya où les coûts économiques accompagnant la pratique des MGF étaient si importants qu’ils ont contribué à son abandon.

 

En effet, les MGF étaient pratiquées lors de grandes cérémonies d’initiation obligeant la communauté, y compris ses membres les plus démunis, à investir des sommes importantes d’argent et des ressources, notamment alimentaires, dans leur organisation.

« A plusieurs reprises dans l’année, des cérémonies d’initiation sont organisées et coûtent, à tout le village, très cher, en demandant d’investir dans de nouveaux vêtements, une fête, et entraînant des coûts pour les parents et les exciseurs. 

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Durant les initiations, vous devez apporter beaucoup de nourriture’’, rapporte Pa Alimamy Yakuba, le chef de Thawuya, un village d’environ 1,000 habitants dans le district de Port Loko au Sierra Leone. ‘Maintenant que nous avons arrêté nous avons des réserves.’ »

 

Abandonner les MGF a permis à la communauté d’améliorer ses conditions de vie en économisant de l’argent et des ressources. La charge qui pesait sur les paysans les plus pauvres s’est grandement amenuie et l’argent économisé a été utilisé pour améliorer le bien-être des enfants et l’éducation.

 « “Nous voyons réellement les bénéfices que nous apporte la fin de cette tradition parce que beaucoup de jeunes filles sont maintenant protégées’’, rapporte le chef Yakuba. Il ne croit pas que quiconque ait été excisé depuis que la pratique a été interdite, et explique que des membres de la communauté veillent au respect de l’interdiction.

Mais, les habitants, jeunes comme plus âgés pointent les économies réalisées comme premier bénéfice de l’abandon de leur tradition.

Un ancien du village relate être heureux que les MGF aient pris fin parce que l’argent peut être employé à scolariser sa petite-fille. »

 

Parmi les principaux défis posés par l’abandon de la pratique, figure la réintégration des exciseurs professionnels qui recevaient une rémunération pour pratiquer les MGF dans les cérémonies. Ainsi, des cours d’alphabétisation pour adultes ont été mis en place et certains sont devenus paysans.

Ils réfléchissent également, à l’heure actuelle, à un rite de passage alternatif mais le besoin de fonds reste un obstacle à sa concrétisation.

 « Elle (une ancienne ministre devenue militante) envisage une nouvelle forme de cérémonie sans MGF, où on donnerait aux femmes des compétences en leadership et où on leur en apprendrait davantage sur la santé menstruelle.

‘‘Nous pensons que la dimension du Bondo est clé’’, avance Turay. ‘‘On ne veut pas perdre notre culture.’’ »

 

L’article est disponible (en anglais uniquement) dans son intégralité sur le lien suivant : http://news.trust.org/item/20190808043821-j26xm

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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