Travailler avec les Kurdes d’Irak et d’Iran

Les outils légaux internationaux sur les MGF

Une membre de Wadi a également partagé des informations sur les opportunités de collaborations transfrontalières entre Kurdes d’Iran et d’Iraq.

“Nous avons, à la frontière entre l’Irak et l’Iran, une situation tout à fait particulière où les Kurdes sont affectés des deux côtés de la frontière (dans le Sud les Arabes sont aussi concernés, mais nous ne travaillons pas dans cette zone). La situation est d’autant plus difficile qu’il n’y a pas d’important donneur de fonds prêt à financer des projets en Iran. De plus, en parallèle, l’Iran n’acceptait pas que la communauté internationale travaille sur ce terrain ni même que des ONG locales établissent des connections avec l’international.

Le point positif est que la télévision kurde iraquienne est très populaire en Iran. Ainsi, les Kurdes iraniens voient nos spots télévisés contre les MGF, les talk shows, etc. Cela a permis de débuter une discussion en Iran avant même que nous ayons pu débuter notre travail au-delà de la frontière.

Aujourd’hui, nous sommes capables de mener quelques projets transfrontaliers. Premièrement, nous avons invité des militants iraniens et chercheurs à des réunions régionales. Depuis, un échange s’est établi entre les Kurdes d’Irak et d’Iran au travers de conférences, workshops sur les moyens de lutter contre les MGF. Un chercheur iranien a même été invité à s’adresser au Parlement Kurde Irakien. Un psychologue iranien nous a assisté dans des formations en Irak dans l’objectif de sensibiliser nos travailleurs sociaux sur la thérapie de couple pour les victimes de MGF. Quand les Irakiens ou les Iraniens développent de nouvelles méthodes, ils les échangent permettant ainsi, bien souvent, qu’elles soient utilisées dans les deux pays.

Il ne nous a pas été reporté de cas de femmes ou de filles traversant la frontière pour réaliser une MGF. Cela pourrait également arriver au niveau de la frontière régionale vers le centre de l’Irak : les MGF ne sont interdites qu’au Kurdistan, et restent permises dans les autres régions de l’Irak.

Nous savons que la polygamie est un phénomène transfrontalier : parce que la polygamie est interdite au Kurdistan, les hommes se rendent en centre – Irak pour que leur seconde femme soit reconnue dans cette région. Légalement, la situation est difficile car il s’agit d’un seul pays, mais avec une législation sur la protection des femmes très hétérogène.

Les militants se sont mobilisés pour obtenir des lois interdisant des MGF en Iran et en centre-Irak, mais la tâche reste difficile voire dangereuse en Iran où le militantisme peut vous amener tout droit en prison. De ce fait, nous orientons principalement notre stratégie sur le niveau local et le travail avec les communautés.’’

« La Communauté de pratique sur les mutilations génitales féminines » fait partie du projet « Bâtir des ponts entre l’Afrique et l’Europe pour lutter contre les MGF », soutenu par le « Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des MGF ».
Le projet est coordonné par AIDOS en partenariat avec GAMS Belgique

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